Le projet du Central Electricity Board (CEB), visant à procéder à des investissements dans la fourchette de Rs 2,5 milliards à Rs 3 milliards dans le réarmement de la centrale thermique de Saint-Louis pourrait faire l’objet d’un premier arbitrage budgétaire. C’est ce qu’affirment des sources autorisées à l’hôtel du gouvernement avec le lancement de l’étape cruciale dans les préparatifs budgétaires. Entre-temps, les membres de la National Energy Commission, présidée par Dev Manraj, Senior Adviser au Prime Minister’s Office (PMO), mettent actuellement les bouchées doubles avec des séances de travail marathon en vue de boucler son premier rapport sur la politique énergétique avec en toile de fond le projet de centrale thermique à charbon de 100 MW de CT Power (Mauritius) Ltd.
Avec le retard accusé dans le démarrage des travaux sur le chantier de Pointe-aux-Caves pour le projet de CT Power (Mauritius) Ltd, le CEB a cru pouvoir parer au plus pressé avec l’installation de quatre moteurs de 15 MW, soit un total de 60 MW, à la station thermique de Saint-Louis. Ce Plan B d’urgence semble avoir débouché sur un consensus du point de vue technique avec une Installed Capacity supplémentaire de 60 MW disponible dès la fin de 2015 pour satisfaire la croissance dans la demande en énergie électrique.
Mais le hic surgit au chapitre du financement de ces investissements estimés entre Rs 2,5 milliards et Rs 3 milliards. Les premiers contacts établis par le CEB et le ministère de tutelle avec celui des Finances ont été marqués par une réticence de ce dernier ministère lors de l’exercice d’allocations de fonds dans la perspective du prochain budget.
Toutefois, certaines sources soutiennent que malgré tout, le ministère des Finances n’aura d’autre choix que d’aligner les Rs 3 milliards nécessaires au profit du CEB car l’installation de quatre turbines de 60 MW ne peut être nullement classée dans la catégorie des « low priority investment projects ». L’une des craintes exprimées dans certains milieux portent sur les conditions qui pourraient être attachées à l’engagement du ministère des Finances à ce projet vital du CEB.
En effet, une des sept prescriptions budgétaires formulées par le secrétaire financier, Ali Michael Mansoor, dans la « 2014 – 2016 Programme-Based Budget (PBB) Call Circular » du 30 août dernier est de « maximise revenue collection in terms of user fees and charges and the prompt collection of amount due, to finance new or extended services, schemes or projects which your ministry/department intents to implement in 2014 ». Une majoration des tarifs d’électricité à partir de 2014/2015, littéralement à la veille des prochaines élections générales, pèse dans la balance.
Des sources autorisées à l’hôtel du gouvernement avancent que des négociations décisives ont été initiées avec le ministère des Finances en vue de débloquer les obstacles au financement de projet du CEB en attendant des décisions fermes sur la mise en place d’au moins une centrale thermique de 100 MW d’ici 2020.
Un autre élément entrant dans cette équation est l’une des conditions de l’Union européenne pour le déboursement d’une enveloppe de Rs 400 millions (10 millions d’euros) sous forme de Budget Support. Bruxelles exige le recours à des appels d’offres en vue d’attribuer les contrats dans le secteur énergétique. Une aile au sein du gouvernement est en faveur du respect de ce Key Performance Indicator alors qu’une autre tendance indique que le gouvernement ne peut subordonner sa souveraineté en matière d’investissements contre un soutien budgétaire même si la conjoncture est difficile. Une décision par rapport à cette exigence de l’Union européenne dans le domaine de l’énergie électrique est attendue incessamment.
Par ailleurs, les derniers recoupements confirment que le projet de 4×15 MW de la centrale de Saint-Louis figure en bonne place dans le rapport de la National Energy Commission actuellement en voie de rédaction. Au sein de cette commission, l’on soutient que la stratégie à court terme s’articule autour d’une combinaison entre la production énergétique à partir d’huile lourde et de sources d’énergie renouvelables.
Avec les 60 MW supplémentaires de Saint-Louis et les 60 MW suite à des contrats signés avec des promoteurs de génération d’énergie électrique avec l’exploitation du potentiel photovoltaïque, le CEB devra être en mesure d’assurer la transition à court terme, indique-t-on du côté de la Commission Manraj. Depuis la semaine dernière, les membres de cette dernière instance multiplient les séances de travail quotidiennes pour terminer la rédaction de ce premier rapport à être soumis au gouvernement dans les prochains jours.
La National Energy Commission a été instituée par le gouvernement en vue de soumettre des recommandations sur la politique énergétique suite à une série de protestations et de contestations contre l’accroissement de l’importance du charbon dans le secteur énergétique, dont la centrale thermique de CT Power (Mauritius) Ltd.