« C’est avec une grande joie qu’on termine ce mois de jeûne, avec le déjeuner et le dîner traditionnels et le partage de gâteaux aux voisins », nous explique Zaïd Ozeer, membre fondateur de la Société islamique de Maurice. Gaieté, partage et retrouvailles familiales ponctuent la fête Eid, qui marque la fin de 29 ou 30 jours d’abstinence.
Célébrée le premier jour du mois de Shawwal, jour intervenant selon la visibilité du croissant de lune pouvant être soit le 29e ou le 30e jour du mois de Ramadan, Eid marque la fin du jeûne. Ce jour-là, après la prière du matin, les musulmans se souhaitent mutuellement Eid Mubarak. Alors que le mot Eid a trait à la fête elle-même, Mubarak est un peu l’équivalent de « qu’il soit bon pour vous » ou « que Dieu vous bénisse ».
« Eid demeure essentiellement une fête familiale. Les membres de la famille se rencontrent et vont également se recueillir sur les tombes des proches défunts. Après un mois, non pas tant de sacrifice mais de jeûne, de retraite et de spiritualité, c’est la joie », explique Zaïd Ozeer.
Le matin de Eid, les musulmans se lèvent très tôt et les adultes s’attellent à la préparation des fameux « vermicelles » pour le petit-déjeuner et pour le partage aux voisins et amis. « Le déjeuner se passe très souvent entre les parents et les enfants à la maison et durant la journée, nous rendons visite à des voisins ou des proches pour prendre de leurs nouvelles parce que pendant le mois de Ramadan, nous n’avons pas eu l’occasion de le faire. Nous avons passé notre temps à la prière, au travail, à la rupture du jeûne. Donc, c’est vraiment l’occasion de se retrouver. »
L’après-midi, l’on prépare l’incontournable biryani. Certains, selon Zaïd Ozeer, « préparent un biryani au poulet pour le déjeuner et un biryani au boeuf le soir. Un mois durant, nous avons mangé le minimum et là, nous nous permettons des mets plus savoureux ». Des échanges de cadeaux ont lieu lors des rencontres familiales et des vêtements neufs sont de mise. Zaïd Ozeer est d’avis que cette tradition ne s’est pas perdue. Au contraire, « les jeunes cherchent davantage de telles rencontres familiales aujourd’hui. Autrefois, on restait chez soi car on n’avait pas de moyens. Là, c’est vraiment les embrassades, les retrouvailles… Mais, on n’oublie pas pour autant les prières qu’on a faites durant le Ramadan ».
S’il n’existe pas vraiment de différences dans la manière de célébrer la fête, chez les divers courants islamiques, selon notre interlocuteur, « ceux se revendiquant des Hizbullah ne croient pas qu’il faille nécessairement voir le croissant de lune pour célébrer la fête. Selon eux, si l’Arabie Saoudite l’a déjà vue, ils peuvent célébrer. Mais, il y a une tolérance de la part du courant majoritaire, les sunnat jamaat. Et, les Hizbullah célébreront encore la fête vendredi avec nous ».
Il est plus probable que la fête soit célébrée ce vendredi, notamment, « s’il y a la brume. Car on ne pourra alors pas voir la lune », explique Zaïd Ozeer.