Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, a redit sa conviction de voir Maurice devenir une économie à revenus élevés d’ici 2020 mais a reconnu qu’« il y a encore beaucoup à faire » pour que le pays puisse atteindre cet objectif. C’était vendredi soir, à l’Audi Zentrum de Réduit, à l’occasion du dîner offert par la Barclays Bank Mauritius Limited pour marquer la Fête du Printemps. Ravin Dajee, Managing Director de Barclays Maurice, a évoqué le positionnement de Barclays en tant que « banking powerhouse » panafricaine capable d’accompagner les hommes d’affaires locaux dans la réalisation de leur projet d’expansion en Afrique.
Selon le Grand argentier, les revenus par tête d’habitant à Maurice devraient dépasser cette année la barre des 10 000 dollars par rapport à US $ 9 300 en 2013. Le niveau pour un pays à revenus élevés est de l’ordre de US $ 13 000. « Nous pensons que Maurice est en mesure d’atteindre cet objectif dans les six prochaines années », a déclaré Xavier-Luc Duval, à à condition que le pays accélère son rythme de croissance économique. « Les entrepreneurs y ont un rôle important à jouer. Nous comptons sur la capacité des entrepreneurs à prendre des risques. D’ailleurs, la communauté sino-mauricienne, malgré le fait qu’elle soit peu nombreuse à Maurice, a su démontrer sa capacité à entreprendre », a souligné XLD devant un parterre d’invités composé en majeure partie d’hommes d’affaires sino-mauriciens clients de la Barclays.
Le ministre des Finances a observé qu’il y a des défis à relever dans divers secteurs pour que Maurice puisse passer au statut de pays à revenus élevés. D’abord dans le domaine de la formation professionnelle, où Xavier-Luc Duval considère que les institutions publiques et privées ont la responsabilité de former des jeunes dans des domaines où leurs compétences sont requises. Il faut, estime le VPM, mettre fin au « skills mismatch » ; il a exhorté les jeunes à prendre avantage du Youth Employment Programme (YEP). M. Duval considère également que Maurice doit accorder une plus grande attention aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. « La transformation du pays en une économie basée sur les services doit passer à un autre palier à travers le développement d’une économie reposant sur la technologie informatique ». Le VPM a expliqué que c’est dans cette optique que le gouvernement est allé de l’avant avec la distribution de tablettes aux collégiens et le projet d’Ébène Accelerator pour les entrepreneurs.
Infrastructures : Rs 150 milliards
Atteindre le niveau d’une économie à revenus élevés requiert également une amélioration de la productivité dans le pays et, dans ce contexte, Xavier-Luc Duval a indiqué qu’il y a des efforts à faire pour promouvoir une forte culture du travail dans nos entreprises. Le développement des infrastructures mérite également l’attention ; à ce niveau, des dépenses de développement de l’ordre de Rs 21 milliards sont prévues pour la présente année financière et un budget d’environ Rs 150 milliards a été voté pour les cinq prochaines années. Le VPM a également situé la réforme du secteur public et des corps para-étatiques comme une priorité du gouvernement, d’où les initiatives prises par le Public Sector Governance Office.
La décision du ministère des Finances de constituer un Fast Track Committee pour se pencher sur la mise en route des projets qui sont restés en suspens va également, soutient Xavier-Luc Duval, contribuer à l’accélération de la croissance économique du pays. Il y a, selon lui, des projets d’un montant total d’environ Rs 20 milliards qui seront débloqués pour être exécutés au cours des trois prochaines années. Le VPM a affirmé que d’autres projets seront étudiés avec rapidité et a exhorté les entrepreneurs sino-mauriciens à investir davantage. Il a de plus fait état de l’élargissement de l’espace économique du pays avec notamment une stratégie de développement orientée vers l’Afrique et la création de plusieurs hubs (services financiers, approvisionnement en carburants, services maritimes, industrie cinématographique, entre autres) à Maurice.
« Il n’y a pas de doute. Maurice peut devenir une économie à revenus élevés. Nous pouvons le faire si nous prenons la voie rapide », dira Xavier-Luc Duval en conclusion.
Ravin Dajee a, tout en saluant la contribution de la communauté sino-mauricienne au développement du pays, affirmé que les clients de la Barclays Bank Mauritius peuvent s’appuyer sur la force financière, le rayonnement international et l’expertise du groupe Barclays pour pouvoir exploiter au mieux le potentiel de Maurice en tant que plateforme tournée vers les marchés régionaux. La Barclays, dit-il, compte plus de 100 années d’opération en Afrique, étant présente dans 14 différents marchés émergents. « Being so intrinsically woven into the African business fabric, Barclays is positioning itself as the pan-African Banking powerhouse », affirme Ravin Dajee. Selon ce dernier, la Barclays a plus de 14 millions de clients, individus et entreprises confondus, en Afrique et dans l’océan Indien, avec un réseau de 2 540 agences. « Barclays is well placed to provide flexible services and extensive local support for local businesses wanting to go to Africa, or using Mauritius to penetrate the African market ».
Le Managing Director de Barclays Maurice a, dans la foulée, annoncé que la banque proposera bientôt des produits spécifiques et compétitifs. La banque travaille sur des solutions innovatrices pour ses clients, d’où l’élargissement de sa palette de produits avec l’inclusion des “dépôts structurés” ainsi que des plans de gestion des risques pour divers types d’actifs.
Par ailleurs, Ravin Dajee a parlé de l’engagement social de Barclays Maurice, de son soutien continu à différentes organisations non gouvernementales pendant de nombreuses années. Les actions communautaires de Barclays Maurice sont soulignées dans un rapport spécial, Colours of Life, dont l’édition 2013 a été lancée par le vice-Premier ministre et ministre des Finances.