Le Central CID a démarré ce matin une longue série d’interrogatoires Under Warning dans le cadre de l’enquête sur la gestion de Joint Accounts d’un montant de Rs 5 millions au nom de deux anciennes employées de la Mauritius Commercial Bank (MCB). Michèle Tsang Ping, ancienne manager de la MCB, soutient qu’elle a été victime d’une escroquerie de la part de certains responsables de la banque, dont le Chief Executive (Banking) Anthony Withers, quand au décès de Patricia Smith, l’autre détentrice des comptes conjoints, elle a été privée d’accès aux fonds disponibles dans ces comptes. Subséquemment à ce problème, cette ancienne manager de la MCB a comparu devant un comité disciplinaire institué par la banque sous trois charges et fut limogée le 27 novembre de l’année dernière. Les premières dépositions à charge ont été consignées au Central CID par Michèle Tsang Ping depuis juillet de l’année dernière.
L’une des premières protagonistes à être assignée de nouveau ce matin est Roxanne Potié, Accounts Executive à la MCB, pour une nouvelle séance d’interrogatoire formel au QG du Central CID. Elle est accompagnée de Me Angélique Desvaux de Marigny. Dans les milieux de la MCB, l’on soutient que c’est la troisième fois que cette Accounts Executive est entendue par la police dans le cadre de cette enquête.
Mais du côté du Central CID, les indications recueillies de sources concordantes avancent que cette nouvelle convocation de Roxanne Potié pourrait déboucher sur une inculpation provisoire de complot avant que le dossier ne soit transmis à l’Office of the Director of Public Prosecutions « for advice and necessary action ». À la mi-journée, très peu d’informations ont transpiré de l’interrogatoire de cette Accounts Executive quant à une possible comparution devant le tribunal de Port-Louis pour la caution.
Les enquêteurs du Central CID n’écartent pas l’option que Roxanne Potié soit appelée à compléter intégralement son audition avant que le couperet de l’inculpation provisoire ne tombe. De ce fait, compte tenu que les explications de l’Accounts Executive de la MCB pourraient s’échelonner sur plusieurs jours, elle pourrait bénéficier d’une remise en liberté sur parole pour la suite de l’interrogatoire demain.
Aucune décision officielle n’a cependant été entérinée par la direction générale du Central CID à cet effet. Sur la base des explications fournies par Roxanne Potié sur les dessous de la gestion des Joint Accounts au nom de Michèle Tsang Ping et de Patricia Smith, le Central CID confirmera la liste des cadres de la MCB accusés d’être concernés dans le processus de décisions pour priver cette cliente de la MCB de ses droits et privilèges ou encore susceptibles de faire la lumière sur cette affaire.
Conditions
A ce stade, pas moins de trois hauts cadres de la MCB « at the material time of the facts » sont attendus au Central CID. Le Chief Executive (Banking) Anthony Withers, qui avait apposé la signature à une correspondance officielle adressée à Michèle Tsang Ping en date du 20 mars 2012, devrait être parmi les derniers à être interrogés formellement. La raison principale est qu’il est actuellement en vacances à l’étranger.
Toutefois, cette correspondance du 20 mars est capitale dans l’enquête sur les Joints Accounts d’un montant de Rs 5 millions. Dans cette lettre, Anthony Withers avait informé Michèle Tsang Ping que tous les fonds de ces comptes conjoints ont été « handed over to Vanessa Brown » depuis le 4 novembre 2011. Le Chief Executive (Banking) de la MCB devait également ordonner à Michèle Tsang Ping de restituer les fonds qui auraient fait l’objet de retraits depuis le 11 août 2011, date du décès de Patricia Smith.
Michèle Tsang Ping maintient qu’aux termes des conditions régissant les Joint Accounts à la MCB, les dépôts lui reviennent de droit et ne peuvent en aucune façon être disposée par décision de la MCB sous le testament. Elle souligne que « de par les dispositions, elle est devenue de facto et de jure the sole owner of the funds in the joint accounts ».
Devant le refus de la manager Michèle Tsang Ping d’obtempérer aux directives du Chief Executive (Banking) par rapport aux Joint Accounts, une nouvelle étape de son calvaire fut enclenchée. En date du 30 mars 2012, elle fut sommée de comparaître devant un comité disciplinaire de la banque pour avoir « put the MCB in an embarrassing situation towards Vanessa Brown », entre autres.
Une deuxième charge fut retenue contre elle le 4 mai 2012 avec le responsable des ressources humaines de la MCB, Eddy Jolicoeur, portant des allégations à l’effet que Michèle Tsang Ping aurait « maliciously and improperly threatened MCB and her colleagues ». Devant la détérioration de la situation et l’escalade au sein de la MCB, la manager Tsang Ping devait consigner trois dépositions au Central CID en juillet.
Le 3 octobre 2012, une troisième charge est logée par la direction de la MCB contre Michèle Tsang Ping. Celle-ci est accusée d’avoir « levelled criminal allegations against several work colleagues ». Nouvelle déposition de Michèle Tsang Ping à la police et le 27 novembre 2012, elle est limogée par la MCB.
La première partie de l’interrogatoire de Roxanne Potié au Central CID est axée sur le prologue, notamment la période entre le 11 août 2011, avec le décès de Patricia Smith, l’autre signataire des comptes conjoints et le 4 novembre 2011, où s’était déroulée une séance de travail entre Vanessa Brown, la bénéficiaire des comptes conjoints et des cadres de la MCB. Cette date du 4 novembre 2011 est cruciale car le Chief Executive (Banking) soutiendra par la suite que les fonds de ces comptes conjoints avaient été transférés au profit de Vanessa Brown et au détriment de Michèle Tsang Ping dès ce jour-là.
L’Accounts Executive Roxanne Potié sera appelée à fournir aux limiers du Central CID des détails sur les directives aussi bien que l’identité des auteurs de ces consignes pour écarter Michèle Tsang Ping au profit de Vanessa Brown. Les Minutes of Proceedings des séances du comité disciplinaire mis sur pied MCB et des échanges de correspondances par voie électronique entre membres du Top Management devront également être versés dans le dossier à charge du Central CID.
L’enquête de la police se poursuit.