Le surintendant Befy affecté à la Northern Division est placé en état d’arrestation par le Central CID depuis ce matin. En principe, après son interrogatoire en présence de son homme de loi, Me Rama Valayden, ce haut gradé de la police devrait comparaître devant le magistrat siégeant au tribunal de Mapou pour son éventuelle inculpation provisoire du délit de « Criminal intimidation » contre un sergent de police dans l’exercice de ses fonctions. Il court également le risque d’être interdit de ses fonctions jusqu’à la conclusion de cette enquête au criminel.
Dans les milieux de la force policière, les déboires du surintendant Befy sont suivis avec intérêt car il ne serait pas à ses premières incartades avec des policiers comme cibles et victimes. Il a évité de se faire interpeller par des limiers du Central CID dans la journée d’hier et s’est rendu de son propre gré ce matin aux Casernes centrales où il s’est vu signifier la décision de son arrestation.
Les incidents dans lesquels est impliqué le surintendant Befy remontent à la nuit de mardi à mercredi. À une certaine heure de la nuit, des policiers travaillant au poste de police de Trou-aux-Biches ont été informés d’un cas de pollution sonore avec des fêtards ne voulant rien entendre face aux protestations des voisins. Le sergent de service et deux constables effectuent alors une descente des lieux dans ce restaurant transformé en discothèque dans une zone résidentielle.
Les membres des forces de l’ordre font face à une véritable opposition de la part de ceux qui assurent le service d’ordre dans ce restaurant. Ils doivent insister pour effectuer leur contrôle alors que les gros bras soutiennent que « l’organisateur de cette fête privée » ne se trouve pas sur les lieux. Finalement, le principal concerné devait se présenter sur les lieux alors que les policiers procédaient au contrôle pour le délit de pollution sonore.
Le gérant du restaurant est prié par le sergent de le suivre au poste de police. À ce stade, le surintendant Befy devait faire son apparition. Sa seule préoccupation était de prendre connaissance de l’identité de la personne ayant téléphoné à la police pour dénoncer ce cas de nuisance sonore. Devant le refus du sergent d’accéder à la demande de son supérieur, la situation s’est envenimée.
Le sergent de police, qui se trouve depuis ce matin au QG du Central CID pour les besoins d’enquête, soutient que son supérieur ne se trouvait pas dans son état normal. Une fois au poste de police de Trou-aux-Biches, les échanges entre ces deux officiers de police seraient devenus encore plus virulents, avec le sergent soutenant que le surintendant l’a menacé en des termes à peine voilés.
Le sergent, qui a consigné une déposition hier au poste de police de Grand-Baie, a répété ce matin face aux enquêteurs du Central CID que le surintendant aurait déclaré que « ou enn serzan ou ! Ki lantré ou pou metté. Rapport mwa avek CP. Mo éna zotte lamonné sanzé ». Le surintendant de police se serait vanté d’avoir été impliqué dans des cas d’agression contre des officiers de police dans le passé et qu’il n’avait nullement été sanctionné.
Le déroulement de cette enquête placée sous la supervision des assistants commissaires de police Pregassen Vuddamalay et Heman Jangi est suivi de près par le commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad.