La Plateforme Maurice Environnement, qui est intervenue mardi lors de l’audition publique à la National Energy Commission (NEC) a présenté son point de vue sur le projet de Centrale à Charbon de CT Power (Mauritius) Ltd. Pour Adi Teelock, animatrice de la plateforme, l’étude de faisabilité de la compagnie malaisienne est douteuse, d’où son souhait pour une Commission indépendante pour étudier ce projet avant sa mise en place.
Pour l’historienne, qui est intervenue au nom de la plateforme mardi à la NEC, « le charbon est sale et cher ». « Ena dimounn dir ena charbon nwar, ena charbon blan… Pou nou charbon ena enn sel kouler, li sal ». Adi Teelock soutient que la compagnie malaisienne aurait négligé son étude de faisabilité avant la mise en forme du projet. Elle devait commenter la localisation de la cheminée, le rejet d’eau en mer, le transport du charbon par la route, l’impact sur la santé, entre autres. « Certains aspects du projet n’ont pas été pris en considération. Nous parlons ici du coût de ce projet sur l’environnement, de la santé publique, entre autres ». De plus dit-elle, « cette matière première est plus coûteuse ». « Ou konn pri charbon lor lasante dimounn, lor lanvironman ? ». Et de parler du coût des soins de santé liés à certaines maladies telles que le cancer.
Pour Thierry Le Breton, membre de la plateforme, également présent, soutient que « le projet de CT Power doit être revu de fond en comble. Si une commission indépendante est instituée à cet effet, il faudrait que des spécialistes mondiaux en matières premières, des techniciens spécialisés en Powerplant et des experts financiers y siègent afin d’étudier tous les aspects de ce projet ». Revenant sur l’accord signé entre CT Power et le Central Electricity Board (CEB), la plateforme s’interroge sur ce qui se passera si le charbon fourni n’est pas de bonne qualité. Thierry Le Breton, qui a évoqué l’utilisation du charbon par les Independent Power Producers (IPPs), est d’avis que le pays devrait « phase out coal ».
La plateforme est revenue également sur la politique nationale Maurice île Durable (MID) et en matière d’énergie. Pour Adi Teelock, l’implantation de la centrale à charbon de CT Power (Mauritius) Ltd n’est pas cohérent avec l’objectif du pays en matière d’indépendance énergétique. « Avec CT Power, nous sommes loin d’atteindre les 35 % d’indépendance du pays pour 2025. La centrale à charbon est contraire aux principes de développement durable de MID. C’est un obstacle à l’intégration des énergies renouvelables ».
La plateforme souhaite également une nouvelle loi axée sur la qualité de l’air. Adi Teelock observe une hausse dans l’utilisation du charbon. Évoquant ses effets nocifs sur la santé des Mauriciens, elle rappelle que la loi à cet effet n’a pas été modifiée depuis 1998 et déplore l’absence d’un cadre régulateur national à ce sujet.