C’est le 8 juillet que la demande d’injonction en Cour suprême des habitants de Plaine-Lauzun, réclamant l’arrêt des travaux pour une nouvelle centrale et l’installation de nouveaux moteurs à la centrale de St-Louis, sera prise sur le fond. Cette affaire a été appelée aujourd’hui devant le juge Nicolas Hossan-Bellepeau.
Selon les renseignements glanés par Le Mauricien, cette demande d’injonction des habitants de Plaine-Lauzun, regroupés au sein du Mouvement civique de la localité, réclamant l’arrêt des travaux pour une nouvelle centrale et l’installation de nouveaux moteurs à la centrale électrique de St-Louis, a été renvoyée au 8 juillet, car ni la municipalité de Port-Louis ni le ministère de l’Environnement n’ont déposé jusqu’ici leurs affidavits respectifs en Cour suprême.
Le président du Mouvement civique de Plaine-Lauzun, Farade Nunnoo, et son homme de loi, Rodney Rama, étaient eux aussi présents ce matin en Cour suprême. Farade Nunnoo a d’abord affirmé dans sa demande d’injonction que le Central Electricity Board (CEB) a « illégalement » commencé les travaux pour la construction d’une nouvelle centrale électrique à Plaine-Lauzun, sous le couvert d’un plan de rénovation, pour répondre aux besoins futurs en électricité sans un Building and Land Use Permit de la municipalité de Port-Louis.
Le pétitionnaire rappelle que, lorsque la présente centrale de St-Louis a été mise en opération, Plaine-Lauzun était pratiquement une zone industrielle et que le CEB opérait, entre 1978 et 1981, six moteurs Pielstick d’une capacité de 5 MW chacun. Il ajoute que dans son Integrated Electricity Plan 2003-12, rendu public en novembre 2003, le CEB recommandait une étude de faisabilité afin de minimiser l’ensemble des impacts environnementaux de toute la centrale de St-Louis et de prendre les mesures relatives d’atténuation, remplaçant, notamment les vieux moteurs, par une technologie plus moderne et efficiente. Ce document mentionnait explicitement les faiblesses de ces vieux moteurs que le CEB proposait de remplacer un à un, à compter de 2008.
Farade Nunnoo déplore que le CEB ait échoué dans son plan, car seulement deux de ces moteurs Pielstick (5 MW) ont été mis hors-service en 2013, contrairement à son engagement de « retirer progressivement les six moteurs à partir de 2008 », et ce sans pour autant faire attention aux effets de l’air toxique et de la pollution sonore sur la santé des habitants. Le représentant des habitants affirme également que le CEB reconnaît lui-même « officiellement » que la centrale de St-Louis opère ses moteurs à l’huile lourde, en violation avec les normes environnementales.
Farade Nunnoo note qu’aujourd’hui Plaine-Lauzun est une « région hautement urbanisée », avec plus d’écoles et de lieux de culte, ainsi que quelque 5 000 habitants. Il ajoute que la centrale est supposée se trouver dans la « zone industrielle » de Plaine-Lauzun, qui a été détournée de sa planification initiale, avec des projets résidentiels approuvés dans la partie sud-ouest de l’endroit, séparée seulement par une petite rue.
Le pétitionnaire déplore d’autre part que, suivant une « notice » servie au CEB le 23 juin 2015 et leur réponse en date du 7 août 2015, il y a eu, vers février ou mars, une « accélération » dans les démarches du CEB pour l’installation de quatre nouveaux moteurs fonctionnant à l’huile lourde d’ici 2017, et ce sans avoir obtenu un Building and Land Use Permit de la municipalité de Port-Louis, « surtout à un moment où les énergies renouvelables sont une réalité à Maurice ».
Pour toutes ces raisons, Farade Nunnoo réclame l’arrêt des travaux d’excavation et de démolition pour la construction d’une nouvelle centrale, sans l’obtention d’un BLUP de la MPL, d’autant que celle-ci, dans un avis de presse en date du 17 mai dernier, a invité tous ceux qui y objectent à se faire connaître et que l’EIA Licence du CEB, émis en août 2013, devient caduque le 30 août prochain.