« Quoiqu’il advienne au traité de non-double imposition entre Maurice et l’Inde, il nous faut absolument apporter plus de valeur à notre centre financier. C’est ce que fait le Global Board of Trade à travers l’infrastructure, les services et les produits qu’il met à la disposition des investisseurs », a déclaré Xavier-Luc Duval, ministre des Finances, lors d’une visite d’un peu plus de 45 minutes au siège de la Bourse des produits dérivés de matières premières et de devises à Ébène.
Accompagné de Ken Poonoosamy, managing director du Board of Investment (BoI), Xavier-Luc Duval a été accueilli à son arrivée par le nouveau managing director du Global Board of Trade (GBOT), Rinsy Ansalam, et ses proches collaborateurs ainsi que par trois des directeurs mauriciens du GBOT, Mohamad Vayid, Chota Moollan et Rana Pratab Tacouri. Il a fait une tournée des installations et écouté les explications des représentants du GBOT sur le fonctionnement du marché dont la passation des ordres, le règlement des transactions et le suivi des opérations. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances a ainsi appris que le GBOT a consenti à des investissements de l’ordre de US$ 60 millions (près de Rs 2 milliards) dans sa plateforme technologique à ce jour. La Bourse a commencé ses opérations en octobre 2010 et est en mesure de satisfaire les demandes des courtiers de plusieurs grands marchés tels ceux de Chicago, la plus grande Bourse de matières premières au monde, de Londres ou de Johannesburg.
Le GBOT a pour promoteurs le groupe indien Financial Technologies qui compte des installations des plus sophistiquées à Bahrein, au Botswana, à Dubaï, Singapour, en sus de ses plateformes dans la Grande péninsule et à Maurice. « Nous voulons servir de pont entre les investisseurs globaux et les marchés émergents d’Afrique. L’Afrique compte actuellement 19 bourses de valeurs et neuf marchés spécialisés dans les matières premières. Nous cherchons des partenariats avec ces différents investisseurs », a annoncé Rinsy Ansalam. Ce dernier souligne qu’en proposant plus d’opportunités en termes de produits et services sur la Bourse locale, le GBOT sera en mesure de réduire les coûts des transactions.
Une vingtaine de « trading members » dont quatre de Maurice sont enregistrés auprès du GBOT. Celui-ci, a indiqué Rinsy Ansalam, envisage de lancer un segment de produits dérivés en actions dont des contrats de différence sur des valeurs globales. « Nous voulons donner à des entreprises africaines la possibilité de lever des capitaux à travers le GBOT », a-t-il ajouté. Le GBOT espère accroître la valeur actuelle des transactions enregistrées quotidiennement et qui se monte à une moyenne de US$ 40 millions. Ce montant est quatre fois plus élevé que celui enregistré dans les premières semaines suivant le lancement de la Bourse mais, soutient l’un des directeurs, Mohamad Vayid, il faut viser plus loin. « Le GBOT n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière », a-t-il reconnu mais, a poursuivi Mohamad Vayid, il faut gagner le soutien des banques et de la communauté des affaires qui s’étaient montrées réticentes au moment du lancement du GBOT. « Le GBOT propose des produits sophistiqués. Il faut pour cela intéresser des sophisticated players », a indiqué Glota Moollan.
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances a fait comprendre que sa visite au GBOT avait pour but de mieux s’informer sur les services et produits offerts par cette Bourse afin de pouvoir les expliquer aux investisseurs étrangers dans le cadre des campagnes promotionnelles à l’étranger. Cette visite, a-t-il précisé, cadre avec la stratégie mauricienne visant à promouvoir Maurice comme une porte d’entrée vers l’Afrique pour les investisseurs étrangers.
« Le GBOT symbolise l’île Maurice de demain. Une plateforme avec des investissements élevés, offrant des services de haute technologie, qui apporte de la valeur et qui crée des opportunités pour les Mauriciens ayant les compétences nécessaires », a déclaré le Grand argentier.