Les étudiants sollicitent l’aide du Premier ministre pour qu’ils puissent poursuivre leurs recherches
  • Une correspondance envoyée au Premier ministre, Pravind Jugnauth, demandant son aide

Le Mauritius Research Council (MRC) sera bientôt connu comme le Mauritius Research and Innovation Council. Cette nouvelle appellation entraînera des changements dans les statuts de cette institution de recherche, qui se focalisera désormais sur l’innovation. Ainsi, une éventuelle disparition du National Research Chair Programme (NRCP) est évoquée.

Mis en place en 2011, le NRCP a permis la découverte des bienfaits de la flore et de la faune mauriciennes pour notamment lutter contre le cancer et le diabète, expliquent les doctorants du Centre for Biomedicals and Biomaterials Research.

Ces étudiants — les premiers auteurs de leurs publications sur des thématiques spécifiques — sont visiblement désemparés. La raison : un manque de communication après qu’ils aient pris connaissance que le MRC pourrait arrêter le NCRP.

« Retour en arrière ».

« Nous sommes sur le point de commercialiser des produits », soutient une étudiante. L’arrêt de ce programme, selon elle, « sera un retour en arrière » alors que le pays est confronté aux deux maladies que sont le diabète et le cancer.

Elle est rejointe dans ses propos par une autre pour qui l’innovation doit être basée sur la recherche. « Que ferons-nous demain sans la recherche ? » se demande cette dernière, ajoutant que la fin de ce programme obligera les autres étudiants à quitter le pays.

« Nous ne sommes pas venus ici uniquement pour avoir un doctorat. Nous voulons faire notre carrière dans la recherche », martèle-t-elle.

Selon Shrishti Ramsaha, arrêter ce programme détruira tous les efforts déployés par les étudiants pour développer le laboratoire.

« Au lieu de progresser, nous allons descendre en grade », soutient Rima Beesoo.

Ces jeunes, qui veulent qu’ils soient au moins entendus, disent vouloir travailler pour le pays, même si des pays étrangers offrent des opportunités aux jeunes dans la recherche. « Nous allons définitivement quitter le pays », disent-ils.

« Quitter le pays ».

Ayant aussi développé leurs compétences dans des pays étrangers, les étudiants avancent « que ces compétences ont été partagées » à leur retour à Maurice. « Cette plateforme nous donne plus d’opportunités car notre niveau est avancé par rapport à d’autres institutions », ajoutent-ils.

Ils font ressortir qu’une des étudiantes a préféré quitter le centre après avoir appris l’arrêt du programme de financement. « Nous avons donné tout de nous-mêmes », dit Tatsha Bholah avec beaucoup de regret.

Ces jeunes disent ne pas comprendre comment se focaliser sur l’innovation sans la recherche. « Qu’on vienne nous démontrer comment réaliser cela », disent-ils.

Inquiétudes.

Ceux qui travaillent sur la thématique pharmaceutique marine s’inquiètent que la zone économique exclusive de Maurice de 2,3 millions de kilomètres carrés ne puisse être exploitée si le NRCP est mis au placard.

Ces étudiants font état de leurs inquiétudes quant à ceux qui veulent se joindre au CBBR à travers le NRCP. Pour défendre leurs études face aux critiques, ils disent que la recherche prend du temps.

« Des recherches cliniques prennent jusqu’à 25 ans pour être développés », font-ils valoir. Ces étudiants font ressortir avoir collaboré avec des étrangers dans le même domaine qu’eux. De plus, l’un des domaines sur lequel voulaient se focaliser certains d’entre eux est la génétique. « Nous ne savons pas si nous pourrons aller de l’avant avec ce plan ou non », disent-ils.

Ne sachant pas à quelle porte frapper, les étudiants ont envoyé une lettre au Premier ministre pour que ce dernier puisse intervenir en leur faveur. Selon eux, ils se trouvent dans cette situation par un manque de communication avec les autorités concernées.