Implanté à Mont-Roches depuis octobre 2006, le centre de l’Association des Parents pour la Réhabilitation des Infirmes Moteurs (APRIM) y est installé à la Paul Harris House, un bâtiment qui appartient au Rotary Club et qui y est gracieusement mis à sa disposition par le cercle social.
Le Centre de l’APRIM est un lieu de ressourcement et, aussi, un lieu de réhabilitation qui accueille quotidiennement, du lundi au vendredi, une clientèle qui se compose d’une trentaine de handicapés moteurs qui y sont transportés, avec leurs fauteuils roulants, au moyen de véhicules que le centre a reçus en donation de certaines organisations philanthropiques.
Membre fondateur de l’association, Josiane Ah-Siong est aussi la directrice du centre et, en outre, elle est mère d’une infirme moteur qui est maintenant âgée de 33 ans. Elle nous déclare que le fonctionnement du centre, incluant toutes les facilités offertes à sa clientèle, dépend largement du parrainage et du secteur public et du secteur privé. En tant que directrice, elle est épaulée dans sa tâche par une équipe d’employés zélés au nombre desquels il y a, entre autres, un ergothérapeute, des éducatrices et des auxiliaires/accompagnatrices.
Un infirme moteur est un être atteint de paralysie cérébrale, un mal qui provoque des désordres dans la partie motrice de son cerveau. Puisqu’il y a blocage au niveau de son cerveau, son corps ne répond pas aux sensibilités de son être, avec le résultat qu’il est privé de la faculté de se mouvoir et dépend des autres pour ses besoins naturels. En outre, puisque son corps n’a pas d’équilibre, le handicapé moteur est en permanence dans un fauteuil roulant.
Eu égard à leur sévère infirmité, les handicapés moteurs y sont présents tout en étant accompagnés, à titre individuel, d’une accompagnatrice, qui est aux petits soins pour son propre protégé en permanence.
Lors de notre visite, nous avons conversé successivement avec les différentes catégories de personnes qui sont en ce lieu quotidiennement en vertu de leurs emplois respectifs et ceux-ci, invariablement, nous ont déclaré ce qui suit : « Nous sommes là pour aider chacun d’entre eux à survivre dans une atmosphère bienveillante et nous sommes conscients de l’importance de notre rôle vis-à-vis de notre clientèle. Par exemple, il nous faut les placer confortablement dans leurs fauteuils roulants, il nous faut les pousser dans leurs fauteuils roulants pour les conduire aux toilettes, il nous faut leur donner à manger et autres gestes de sympathie à l’infini… »
De la sorte, le charisme du centre invoque l’amour, la patience, la persévérance et autres fruits de l’indulgence… « Quand on a que l’amour » chante Jacques Brel…
De temps à autre, le centre organise des sorties en plein air et des activités récréatives à l’intention de ses protégés, histoire de leur faire goûter à certaines joies de la vie.
Depuis 2010, en vertu d’une décision positive du ministère de l’Éducation, le centre opère officiellement sous la dénomination d’une école spécialisée pour personnes handicapées. Dans le bâtiment, une pièce a été spécialement aménagée en une salle de classe ; celle-ci contient une étagère couverte de livres de classe en sus d’une pile de matériels pédagogiques. La classe est meublée d’un mobilier adapté pour cette catégorie de personnes. Voici le témoignage d’une éducatrice au sujet de son travail avec ses protégés : « Le plus gros problème provient du fait que nos protégés, en raison de leur infirmité, sont privés de l’usage de la parole. Faute de pouvoir parler, ils essayent de communiquer de diverses manières, parfois ils hochent la tête et parfois ils font des signes avec leurs mains ou même avec leurs yeux. Il nous appartient d’arriver à les comprendre. Malgré tout, nous nous servons à profusion de nos matériels pédagogiques pour leur enseigner quelques mots de français, quelques mots d’anglais et pour les apprendre à compter. Quand ils font un sourire, cela veut dire que la partie est gagnée pour tout le monde et nous sommes tous heureux. »
À ce stade, il convient de mettre en exergue le travail qui y est accompli par l’ergothérapeute de la maison, Avnish Bandhoa, qui y est titulaire de cette fonction depuis environ une année. Son rôle y est d’une importance majeure puisque c’est l’ergothérapeute qui doit traduire la notion de réhabilitation dans la réalité de par son travail de rééducation physique sur chacun de ces handicapés moteurs. Tout en nous faisant comprendre que son travail exige de la patience et de la persévérance, il est cependant satisfait de pouvoir disposer à ce centre de plusieurs appareils modernes à l’aide desquels il essaye de mener à bien sa mission. Voici son témoignage : « La réhabilitation de nos protégés, qui sont atteints d’une si lourde infirmité, n’est pas une chose évidente, mais rien n’est impossible ; la chose la plus importante est de faire en sorte à ce qu’il n’y ait pas de recul dans leur état d’infirmité. Cela dit, le progrès se fait petit à petit et chaque petit pas en avant sonne comme une grande victoire pour nous tous dans cette maison. »
Puis, il y a aussi Leonie Valaydon, une accompagnatrice âgée de 70 ans qui s’occupe de Christelle, âgée de 31 ans, et qui est atteinte d’une infirmité extrêmement sévère. Cette mère et grand-mère nous livre un poignant témoignage, : « Je ne sais comment j’ai reçu un don de Dieu pour m’occuper de cette fille avec autant d’amour. Elle est comme un petit bébé pour moi, je dois tout faire pour elle et je suis avec elle tous les jours pour accorder une aide précieuse à ses parents. Il faut l’aider à survivre et je le fais de tout mon coeur. J’espère que je serai toujours là pour la soutenir dans son combat pour trouver la lumière au bout du tunnel. Je place ma confiance en Dieu… »