Une fois le conseil d’administration du Centre Nelson Mandela pour la culture africaine (CNCCA) institué, il sera plus à même de voir clair quant à la mise en place d’une structure adéquate pour ses activités de lever de fonds. C’est ce qu’a fait ressortir Jimmy Harmon, directeur du centre lors de son intervention, en présence, entre autres du ministre Santaram Baboo, à l’occasion de la journée de souvenir de l’abolition de la traite négrière organisée à l’Université de Maurice (UoM), jeudi 27 août.
Jimmy Harmon rappelle que c’est un des deux nouveaux mandats du CNMCA après l’amendement de la loi qui le régit. Amendement intervenu à la suite de la grève de la faim des Verts Fraternels. Ceux-ci demandaient que les recommandations de la Commission Justice et Vérité soient mises en oeuvre. Mise en place en 2009 d’après un projet de loi voté en 2008, la commission Justice et Vérité était venue de l’avant avec 290 recommandations en novembre 2011, après de longs mois de consultations populaires.
Ainsi, note-t-il, l’amendement de la loi régissant le centre lui octroie la responsabilité « de financer des projets aux bénéfices des descendants d’esclaves et de mener des campagnes de sensibilisation locales et internationales ».
À ce jour, le centre organise des campagnes de sensibilisation à Maurice. Jimmy Harmon indique que son rôle auprès du ministère de tutelle est de faire des suggestions allant dans « le sens de ce mandat légal ». « Nous avons demandé au ministère de décréter le Bassin des esclaves à Pamplemousses comme lieu d’histoire orale à la suite de la recommandation de la commission […] Quant au projet de fund raising, cela nécessite une reflexion a priori sur quel type d’encadrement devrions-nous avoir pour gérer un tel fonds. Je pense que sitôt le board reconstitué, nous serons en mesure de voir plus clair ».
Jimmy Harmon rappelle que l’UNESCO voit dans la décennie internationale des personnes d’ascendance africaine (2015-2024) « une décennie de redressement des injustices héritées de la traite négrière et de l’esclavage dans les mémoires collectives et les récits nationaux ». Selon lui, le rapport de la Commission Justice et Vérité de même que celui de l’African Peer Review Mechanism parle de « l’invisibilité des personnes d’ascendance africaine dans les structures étatiques ».
Il note que les activités du CNMCA mettent l’accent sur la considération, la justice et le développement de ces personnes.
Le ministre Santaram Baboo, la vice-chancelière Romila Mohee et l’historienne Vijaya Teelock ont également pris la parole à cette occasion, qui a aussi vu le lancement d’un ouvrage intitulé : « Traites, Esclavage et Transition vers l’Engagisme » qui réunit les communications de la conférence internationale organisée en 2011.