Le Comité diocésain 1er février se dit « révolté » par la manière dont le président du Nelson Mandela Centre for African Culture, Filip Fanchette, a été remplacé. Ce dernier a en effet appris la nomination d’un nouveau président par voie de presse. Jean-Claude Jance, porte-parole du comité, décrit un manque d’égard envers Filip Fanchette, prêtre dont le combat pour la promotion de la culture créole est reconnu sur le plan international.
Le conseil des ministres a pris la décision vendredi dernier d’approuver la nomination de Nicolas Martin comme nouveau président du centre Nelson Mandela. Au même moment, Filip Fanchette, le président sortant, travaillait encore dans les locaux du centre à La Tour Koenig. C’est à travers les médias qu’il dit avoir appris son remplacement et la nomination du nouveau président.
Certes, depuis l’arrivée du nouveau gouvernement, Filip Fanchette savait qu’il serait tôt ou tard remplacé. Toutefois, c’est la manière de faire du ministère des Arts et de la Culture (à la tutelle du centre) qui est déploré. Jean-Claude Jance, membre du Comité diocésain 1er février, juge cette « inélégance » du ministère « choquante et révoltante ». Il se demande si c’est ainsi qu’on traite quelqu’un « qui a donné de son temps pour le centre et qui, rappelons-le, a donné son salaire de président pour des oeuvres caritatives ».
Pour lui, il s’agit d’un manque d’égard envers quelqu’un dont l’engagement envers la communauté et la culture kreol sont « de réputation international ». Qui plus est, se demande Jean-Claude Jance : « Est-ce que, dans un pays démocratique, on peut du jour au lendemain décider de virer quelqu’un à n’importe quel prix ? ». Le Comité diocésain 1er février compte faire part de son mécontentement officiellement au ministre des Arts et de la Culture, Santaram Baboo.
Concernant le nouveau président, Nicolas Martin, Jean-Claude Jance dit ne pas le connaître personnellement. « Mais je respecte sa nomination », ajoute-t-il. Il souhaite que ce dernier assume ses responsabilités « au-delà de la politique partisane ». Il poursuit : « Ces derniers temps, il y a eu un travail commencé pour promouvoir la culture créole en lien avec le rapport de la commission Justice et Vérité. Nous souhaitons que tout ne soit pas détruit. Comme je l’ai dit, cela dépasse la politique partisane. »
Sollicité par Le Mauricien pour savoir s’il a été officiellement informé de son remplacement, Filip Fanchette a déclaré que tel n’a pas été le cas à ce matin. Parlant de son passage au Centre Nelson Mandela, Filip Fanchette explique : « Je suis très content de cette expérience, particulièrement depuis l’arrivée de Jimmy Harmon, qui a permis de faire avancer les choses comme nous le voulions. De même, la petite équipe de sept personnes a du coeur à l’ouvrage, même si nous avons travaillé sans board ces neuf derniers mois. »
Les points positifs de son bilan, souligne Filip Fanchette, est le resserrement des liens avec l’Afrique du Sud, les ministères, l’Indira Gandhi Centre for Indian Culture et la Haute Commission indienne notamment. Il souligne également l’engagement dans le programme des Nations Unies de la Décennie des Peuples d’ascendance africaine. Il dit aussi avoir veillé à la mise en actions des recommandations de la Commission Justice et Vérité. Au nouveau président, « inconnu du milieu », le père Filip Fanchette conseille de lire le livre du père Heriberto Cabreras Reyes, Tu as du prix à mes yeux. Identité créole, malaise et reconstruction.