Avec tous les billets “sold out”, on ne pouvait s’attendre qu’à une vague de chaleur humaine pour renforcer le spectacle prometteur de Jamel Debbouze. La star incontournable de l’humour français n’a pas déçu. Son show se déguste comme un coulis de fraise. Pétillant à souhait avec tous les ingrédients pour faire rire…
Jamel Debbouze nous avait donné un aperçu de son caractère lors d’un point de presse mercredi au Lux* Hotel à Grand-Baie. Le visage d’un homme accueillant, d’un pote qui parle de tout et de rien, et surtout d’un humoriste d’une grande générosité de coeur.
Une fois de plus, on dira que la grande force de Jamel réside en son accessibilité. Dès son entrée sur scène, il a lancé un fameux : « Drese partou ! » Il sait scruter les âmes, satisfaire les attentes du public, se construire ses propres réflexes, et surtout susciter l’hilarité chez son public. Il interpellera volontiers un monsieur du premier rang : « Dis donc, tu t’es mis du Fahrenheit… » Et sur le ton de la bonne franquette : « Je vais vous venger les pauvres, en n’épargnant pas ceux qui ont eu les premières places. »
L’humoriste parlera de Maurice, en disant que c’est loin mais chaleureux avec tout ce brassage de cultures. « Même à la descente d’avion, je suis tombé sur Maurice, le chauffeur qui m’a dit Maurice (votre île), mari bonne, mari nissa. Qu’on venait de fêter les 45 ans de l’indépendance, votre dodo empaillé. Mais, dites donc avec toutes les religions que vous avez vous ne vous engueulez pas, mais vous êtes un exemple pour la Terre entière, il faudrait vous empailler. »
Le magicien des mots a habité hier soir la scène du Centre Swami Vivekananda à Pailles donnant la pleine mesure de son talent. Tout sur Jamel, le titre de son spectacle, met en relief sa vie, son mariage, la naissance de ses enfants. Il parle de la mixité des couples en évoquant son propre mariage et les grabuges que peut provoquer le choc des cultures. Il nous parle du français que sa mère a voulu assimiler pour épater sa belle-fille, de la honte de son père à trop vouloir bien faire à son mariage, du sexe qui est un sujet tabou dans les familles musulmanes. De ses frisottis qu’il a comme cheveux et de la brosse à cheveux qui a été son cauchemar. Jamel est passé maître dans l’art de l’autodérision et du rire des travers de la société.
Jamel, dans et hors de sa bulle, a livré un show éclatant et coloré. Il a conversé avec son public, s’est composé une trame en interpellant des spectateurs à tout hasard dans la salle. N(e)il, 10 ans, qu’il a appelé fleuve égyptien et qui n’a pas voulu le rejoindre par timidité sur scène et Assad, 14 ans, qui a joué le jeu à la perfection.
Que dire des fans, sinon qu’ils étaient sous le charme, les yeux rivés sur la scène pour voir en chair et en os leur idole, Jamel. Un Debbouze visiblement au haut de sa forme, essayant d’apprivoiser notre kreol morisien à sa manière. Point d’atmosphère pesante, de lourdeur dans le script ou dans le jeu de la mise en scène. Jamel parvient à conserver l’équilibre et surtout à captiver l’attention de son auditoire. Ce qui plaît chez lui, c’est sa spontanéité, sa manière de rebondir. Hier après-midi à quelques heures du spectacle, Jamel était dans le bureau du Premier ministre.
De cette rencontre a jailli des idées et il s’est inspiré de Navin Ramgoolam pour en faire sa trame à lui. En filigrane, il dira qu’il a rencontré notre PM, le London Boy. « Je lui ai dit en le rencontrant cet après-midi : ki position zom ? »
Un stand-up épatant, un show à la hauteur de l’artiste. Le spectacle a pris fin avec des diapos des séquences de la vie de l’artiste sous un tonnerre d’applaudissements de ses fans mauriciens.
On ne peut que saluer la louable initiative de MarCom, filiale du groupe British American Investment et de Live Nation, le leader mondial du divertissement, d’avoir eu la belle idée de faire que Jamel se produise chez nous. Le deuxième spectacle de l’humoriste est prévu ce soir à 20 h 30, toujours au Centre Swami Vivekananda, mais hélas, il ne reste plus aucun billet. Jamel aura fait carton plein et ceux qui ont eu la chance de voir son spectacle en garderont certainement un impérissable souvenir.