Selon des travailleurs sociaux et des officiers de police, nombre des demandes pour l’allocation « PF 77 » accordée aux sinistrés par le ministère de la Sécurité sociale à chaque victime de catastrophe naturelle seraient injustifiées. Ainsi, lors du passage du cyclone Bansi, « nombre des demandeurs seraient propriétaires de maisons en dur » alors que certains autres auraient même refusé « des mines Apollo … Mais, pour le ministère de la Sécurité sociale, « dans ce genre de situations, on ne regarde pas tant si la personne a un travail ou une maison en dur mais si sa maison a été inondée et ses effets personnels dont les denrées touchés ».
Pour le travailleur social Eddy Sadien, « il y a des personnes qui ne sont pas pauvres, qui ont à boire et à manger et qui ont un travail mais de génération en génération, vous voyez la grand-mère, la maman, la fille aller demander ces allocations. Il faut en finir avec cette mentalité ». Et de poursuivre : « Ces personnes ont développé une culture de pauvreté d’où elles ne semblent vouloir sortir. Le gouvernement a peut-être voulu agir vite cette fois mais il semblerait qu’il y ait eu pas mal d’abus au niveau de la légitimité de certains demandeurs qui se sont présentés comme des sinistrés. Avez-vous déjà vu un vrai sinistré refuser des mines Apollo ? »
De son côté, Thakoor Parsad Bhoyroo, commissaire adjoint à la Sécurité sociale, déclare que toute une procédure existe pour que les sinistrés bénéficient d’une aide de l’État. « Lorsqu’il y a de grosses pluies comme cela a été le cas ces derniers jours, les personnes dont les maisons ont été inondées se rendent à la police pour demander à être admises dans un centre de refuge. La police, elle, effectue un spot check et si c’est avéré, elle prend contact avec le National Disaster Risk Reduction Management Centre aux Casernes centrales, lequel prend contact avec la Sécurité sociale pour ouvrir tel centre. Le ministère prend des dispositions pour faire ouvrir des centres de refuge. Une allocation quotidienne de Rs 165 est allouée à chaque sinistré pour un maximum de trois jours afin qu’il puisse se procurer de la nourriture. Pour quelles raisons ces personnes iraient-elles dans un centre de refuge si leur maison n’a pas été inondée ? »
Toutefois, selon certains officiers de police, il serait difficile de procéder à une visite des lieux de toutes les maisons de ceux s’étant présentés comme sinistrés. Comment vérifier alors que les bénéficiaires sont vraiment des sinistrés ? Selon M. Bhoyroo, « tout repose sur la police à ce niveau ».
Face au changement climatique dans le monde et à la montée des eaux, pour Eddy Sadien, « le gouvernement devrait commencer à se préparer à faire face aux catastrophes naturelles ». « Jusqu’ici, il n’y a pas eu un politique du logement en ce sens. Moi, en tant que travailleur social, je sais qu’il y a beaucoup de faux pauvres qui ont bénéficié de terres de l’État, de fausses victimes. Ena dimounn, kouma lapli tonbe, zot pe al lager larzan. Il faudrait une vérification plus rigoureuse. Le gouvernement pourrait faire appel à des travailleurs sociaux genuine qui connaissent bien les habitants de l’endroit. Cela pourrait éviter des allocations inutiles. Les institutions religieuses ont un rôle à jouer pour mettre fin à cette culture de pauvreté. Certaines ont failli en ce sens ».