Le 26 février est prévue la 84e cérémonie des Oscars.  Un moment particulier dans le monde du septième art où paillettes, strass et flash seront de sortie pour acclamer le film qui sera le plus médiatisé de la planète en 2012 (on ne peut bien entendu parler ici de meilleur film, et ce en tenant compte des différents lauréats des autres festivals cinématographiques).
Cette énième édition des Oscars qui polarisera l’attention de millions de cinéphiles aura un air de rétro. Les deux films les plus nominés sont The Artist et Hugo Cabret – dix et onze nominations respectivement. Autant dire qu’ils seront rivaux au cours de cette soirée et que si Hugo Cabret raffle tous les prix dans les catégories concernées, il égalera la performance d’un Ben Hur (de William Wyler) et Titanic (de James Cameron).
Les deux favoris de cette prochaine cérémonie se situent à des extrêmes. C’est en cela que l’enjeu est fantastique. The Artist (Michel Hazanavicius), film muet en noir et blanc se déroulant dans les années 20-30, rend hommage à l’âge d’or d’un certain cinéma. Celui des Chaplin, Buster Keaton, Fritz Lang, Murnau et autres. Un cinéma de proximité ; et mis à contribution dans certains cas dans la propagande (ex : Le Cuirassé Potemkine de Sergueï Eisenstein).
Pour sa part, Hugo Cabret, film en 3D, est conçu à partir de ce que l’on fait de mieux en termes de technologie. Martin Scorcese, qui a surpris les puristes tant il les a habitués à des films noirs fondés sur son élément préféré : les bas-fonds de New-York, les épiceries de Little Italy ou encore les néons des avenues de Manhattan, semble avoir – pour la réalisation de son dernier film – pris un malin plaisir.
Si les deux films peuvent diviser, tant The Artist est aux yeux des nostalgiques la conception du vrai cinéma et Hugo Cabret le futur d’une industrie qui n’a jamais cessé d’évoluer, ils se retrouvent toutefois sur la même marche. Les deux films se déroulent pratiquement à la même époque : 1920-30. Soit la période d’après-guerre. Celle de la Première Guerre mondiale (1914-1918). Une Période où le monde subit de profondes mutations, géopolitiques et financières entre autres.  
Dans The Artist nous assistons au destin croisé de deux stars du cinéma dans un contexte où le changement majeur – l’arrivée de films parlants – marquera le déclin de l’un et l’ascension de l’autre.  Hugo Cabret est pour sa part un jeune garçon vivant dans le Paris des années 30 ; il croisera un certain…George Méliès (lui-même grand réalisateur de films muets, marqué par la Première Guerre mondiale et ayant apporté une innovation certaine aux techniques cinématographiques avec « Le voyage dans la Lune »  !  Clin d’oeil ou simple coïncidence ?    
Ces deux films, qu’on les aime ou pas, rendent d’emblée hommage à l’âge d’or d’un art devenu aujourd’hui un divertissement incontournable et un pilier économique. Serait-ce le tout Hollywood qui compte rendre hommage au cinéma d’un autre temps ? Les six nominations de Cheval de Guerre (Spielberg), dont l’histoire se passe durant la Première Guerre mondiale, nous éclairent un peu plus sur cette époque. Le cinéma : résolument mythique !