« Solisyon avek zot », a lancé le syndicaliste Jack Bizlall à la centaine de personnes à avoir fait le déplacement à l’auditorium Octave Wiehe à Réduit, dimanche dans le cadre de l’appel du Collectif des femmes pour le changement (CFC). Il concluait cette rencontre au cours de laquelle les différentes intervenantes ont relevé une série de problèmes de société. Elles ont ainsi invité le public à y réfléchir en vue de la préparation d’un programme pour le changement.
Pour Jack Bizlall, instigateur de ce collectif regroupant une majorité de femmes, la solution ne se trouve pas avec les partis politiques qui contractent des alliances et se séparent le lendemain, mais avec « vous, les femmes. » Il leur a donné rendez-vous le 12 mars prochain pour le rassemblement de 25 000 personnes au Plaza.
Le syndicaliste a rappelé les circonstances dans lesquelles le CFC a été mis en place en avril. Il a aussi parlé de son calendrier d’activités avec un atelier de travail sur le programme pour le changement proposé le 30 janvier prochain à Coromandel. Une activité en prélude au rassemblement du 12 mars.
Jane Ragoo a pour sa part lancé un message d’espoir aux femmes, en leur demandant de croire en elles et en leur combat. Selon la syndicaliste, la seule manière de se faire entendre pour qu’un changement soit apporté est « de descendre dans la rue. » Elle a appelé ceux présents à venir à la manifestation prévue le 1er septembre. Que chacun soit accompagné de cinq personnes, a-t-elle demandé. Elle a dénoncé les conditions de travail des employés des secteurs privé et public, dont celles chargées du nettoyage des écoles du gouvernement.
Prenant la parole en premier, Daisy Antoinette a mis l’accent sur l’endettement des familles et du pays, s’élevant ensuite contre la présence du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM) à Maurice. Elle s’est appesanti sur l’allocation des pensions aux vulnérables de la société et trouve inconcevable la disparité entre ce que touchent un ancien ministre, par exemple, et une personne “normale”.
La syndicaliste Rehana Ameer est longuement intervenue sur les dangers de la privatisation du secteur public et des lois régissant le travail et donnant libre cours à des licenciements par des employeurs, ainsi que le harcèlement en tout genre sur le lieu du travail. Elle exhorte les femmes à dénoncer les cas de harcèlement. « Zot bizin koze, pa rest trankil. La sosyete pou ampes zot al de lavan me si zo pa koze pa pou ena solisyon. »
Le logement, la disparité homme/femme au parlement, la fraude et la corruption, la violence domestique, la pauvreté, la santé des femmes et la féminisation du tabagisme et de l’alcoolisme sont autant de sujets abordés par les intervenantes. Le rassemblement a pris fin sur une note de chanson engagée.