Intervenant à l’ouverture de la conférence internationale marquant le 50e anniversaire de l’indépendance de Maurice, à l’Université de Maurice, le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, a observé que « ce qui s’est passé la semaine dernière aux Nations Unies, sur le dossier Chagos, est un moment de grande unité nationale ».
Pour Nando Bodha, ce qui est important, 50 ans après l’accession du pays à l’indépendance, c’est « la création d’une unité nationale ». Pour lui, le pays a vécu « des moments forts d’unité nationale avec un sens d’appartenance et de fierté à plusieurs moments de son histoire ». Et de citer le cas des législatives où, pour lui, « les gens ont pu se réconcilier avec le fait qu’il s’agit du début d’un nouveau cycle ». Autre temps fort : l’assemblée générale des Nations Unies, la semaine dernière. Pour lui, « il est important de voir comment on en est arrivé à ce “togetherness” et comment faire “to become closer” ». Il estime que les Mauriciens venant des quatre coins du monde « ont la capacité de se réconcilier avec le passé et de devenir de plus en plus forts ».
Nando Bodha s’est aussi longuement appesanti sur la méritocratie et le partage qui, selon lui, « participent à la concrétisation d’une société inclusive ». Observant que Maurice est le 2e pays au monde à ne pas avoir d’armée, cela lui permet, dit-il, d’être « un état providence sophistiqué » avec un « bon système de santé » publique et une pension non contributive attribuée à tout Mauricien à partir de 60 ans. « Aussi dit-il, ne pas avoir d’armée nous épargne la réalité de beaucoup de pays africains, dont les dirigeants arrivent au pouvoir par la force et non pas par des élections libres et démocratiques. »
Après avoir estimé que les Mauriciens « doivent être créatifs », Nando Bodha a évoqué le « développement fulgurant » du secteur sucre, notamment à travers des recherches de pointe au niveau du MSIRI, « a most distinguish institution in the world ». Il constate ainsi que « rien de similaire n’a été fait » dans les secteurs du textile ou du tourisme. « It is a pity », dit-il. Pour Nando Bodha, Maurice doit devenir la « star and key » du monde. Et de dire son souhait que l’UoM « se hisse en haut du classement » des meilleures universités africaines.
Intervenant à son tour, le vice-chancelier de l’Université, Dhanjay Jhurry, s’est longuement appesanti sur l’histoire de l’Université de Maurice, créée officiellement en 1971 avec, comme épine dorsale, le collège d’agriculture. L’université s’est ensuite graduellement développée avec la création de nouvelles facultés pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui. « En tant que nouveau vice-chancelier de cette prestigieuse université, ma mission consistera à faire de l’Université de Maurice une institution faisant la part belle à la recherche tout en consolidant la formation universitaire », a estimé Dhanjay Jhurry. Il a aussi observé que, « comme l’a souligné le ministre des Finances dans son discours du budget, si le pays veut progresser sur le plan économique, l’accent doit être mis sur l’innovation ». Et de reprendre : « Our aim is to invest in radical innovation, fueled by research. »
À l’instar d’une publication ayant vu le jour dans le cadre de la célébration du centenaire de la faculté de l’agriculture, le chancelier de l’UoM, Jean-Claude Autrey, suggère qu’une autre publication soit publiée à l’occasion du cinquantenaire de l’UoM et de l’indépendance de Maurice, « dont les histoires sont intrinsèquement liées ». Selon lui, durant cette période, l’UoM a produit « plus de 50 000 diplômés et gradués ». A noter que le Chief Executive du Mauritius Research Council, Arjoon Suddhoo, la présidente de la conférence, Ramola Ramtohul, et le professeur Thomas Hylland Eriksen, de l’Université d’Oslo, ont également pris la parole à cette occasion.