Revenant sur ce dossier lors de la conférence de presse hebdomadaire du MMM, le leader de ce parti a fait mention des échanges de correspondances entre le gouvernement mauricien et Londres. Il a observé que dans sa lettre adressée au Premier ministre avant qu’il ne quitte ses fonctions, David Cameron avait demandé que toute la question des Chagos soit reprise avec son successeur sans toutefois faire mention de souveraineté. Il a observé que plusieurs éléments de cette lettre ont déjà été publiés dans la presse et estime qu’il a le droit de connaître le contenu de cette correspondance, d’où sa demande pour qu’elle soit rendue publique. D’autre part, Paul Bérenger a révélé que le gouvernement a déjà adressé une notice de résolution dans les délais prescrits si une résolution concernant la décolonisation des Chagos et la souveraineté mauricienne doit être présentée à l’assemblée générale des Nations unies cette année. Il affirme toutefois ne pas savoir à qui la notice a été adressée et si elle a été remise au secrétaire général de l’ONU, au président sortant ou au nouveau président. Il se demande également si le texte de la résolution a déjà été soumis. Dans tous les cas, le leader de l’opposition déplore n’avoir pas été tenu informé. En fin de compte, il considère que « l’avenir dira si sir Anerood Jugnauth a eu raison de ne pas prendre le temps de discuter avec le nouveau Premier ministre britannique, Theresa May, et d’adopter le ton qu’il a développé à l’égard des États-Unis mais aussi vis-à-vis de la Grande Bretagne ». Paul Bérenger s’est gardé de trop faire de commentaires afin que ses remarques ne soient pas perçues comme une « désolidarisation avec la démarche gouvernementale ».
Concernant la réforme électorale, Paul Bérenger s’est réjoui que sa PNQ adressée au Premier ministre ait été l’occasion d’éclaircir un certain nombre de points, à savoir que le gouvernement « stands committed » concernant l’introduction d’une dose de proportionnelle à Maurice, que les détails seront finalisés par le comité Duval et qu’en mars dernier une lettre a été adressée aux Nations unies pour les informer de la position mauricienne. Paul Bérenger s’est dit heureux que le gouvernement a pris l’engagement aussi bien vis-à-vis du Parlement que des Nations unies concernant l’introduction d’une dose de proportionnelle. « Ce qui est souhaitable, c’est que le comité présidé par Xavier-Luc Duval ne traîne pas les pieds concernant l’introduction d’une dose de proportionnelle dans notre système », dit-il.
Dans le cas de Rodrigues, Paul Bérenger a observé que sir Anerood Jugnauth a nié avoir dit que le système électoral actuel fait que la majorité peut devenir une minorité, mais que le système actuel diminue la majorité obtenue au First to past the post. Le leader de l’opposition a observé qu’effectivement le vrai problème vient du fait que le système de FPTP est injuste et que c’est la représentation proportionnelle qui peut corriger les déséquilibres éventuels. Il a critiqué la façon de faire du Premier ministre qui, après avoir eu des discussions avec le chef commissaire, Serge Clair, et préparé un projet de texte de loi concernant Rodrigues, décide finalement de confier le dossier au comité Duval dont une des attributions est la réforme électorale dans cette île. « Ce comité présidé par XLD a été humilié alors que ses attributions incluent réforme », dit-il. « Mieux vaut tard que jamais. Nous verrons les propositions du Comité ». Le leader de l’opposition est revenu sur le fait que les propositions initiales d’élire 18 représentants dans six circonscriptions de Rodrigues et de nommer quatre représentants, deux par le gagnant et deux par le perdant, entraînerait un deadlock. Il recommande par contre que le nombre de 18 élus soit maintenu et qu’il y ait six membres choisis à travers la représentation proportionnelle. Le parti qui obtiendrait le plus grand nombre de voix obtiendrait automatiquement le plus grand nombre d’élus.
Le leader de l’opposition est revenu sur l’affaire Coin Idéal pour dire que celle-ci, ainsi que la manière dont la police traite ce dossier, sont choquantes. Il a annoncé son intention de présenter une Private Notice Question à ce sujet.
Interrogé sur la nomination des Senior Counsels, Paul Bérenger a souligné qu’aux termes de la Constitution c’est le Chef juge qui fait ses recommandations à la Présidente de la République. « Dans le passé il y a eu beaucoup de problèmes », a-t-il observé, en ajoutant que le MMM suit la situation de près.