Le sort des Chagossiens, qui vivent en exil que ce soit à Maurice ou en Grande-Bretagne, pourrait faire l’objet de débats formels à la Chambre des Communes au début de l’année prochaine dans une tentative d’alerter l’opinion internationale. Cette démarche envisagée par des parlementaires britanniques membres du Chagos All-Party Parliamentary Group en vue de déposer une motion en ce sens au secrétariat de la Chambre des Communes contraste avec la position du Foreign Secretary britannique.
William Hague, en effet, prône le statu quo jusqu’au verdict de la Cour européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg dans l’appel interjeté par le Groupement des Réfugiés Chagossiens contre le jugement du conseil privé leur interdisant tout retour dans leur archipel natal. Ces développements sont intervenus en fin de semaine suite à une rencontre entre les membres du groupe parlementaire précité avec le Foreign Secretary au Foreign and Commonwealth Office.
Les membres de la Chambre des Communes du Chagos All-Party Parliamentary Group, présidé par le député travailliste Jeremy Corbyn, ont entériné la décision de soumettre formellement au Speaker de la Chambre des Communes la demande pour une « 90-Minute Commons Debate » à la reprise des travaux parlementaires à Londres au début de l’année prochaine. Cette initiative découle des délibérations de ce groupe parlementaire en tenant en ligne de compte la position adoptée par le Foreign Secretary, qui les a reçus pendant 45 minutes, jeudi, pour des échanges de vue sur la question des Chagos.
Cela faisait quelques mois que ces parlementaires britanniques de tous bords politiques avaient sollicité cette rencontre avec le chef de la diplomatie britannique. David Snoxell, ancien haut commissaire britannique à Maurice, et qui agit en tant que coordonnateur de ce groupe parlementaire, interrogé par Le Mauricien, se félicite du déroulement des discussions en soutenant que « the Foreign Secretary was positive and friendly » lors de cette rencontre avec huit membres de cette instance parlementaire britannique, qui étaient accompagnés du coordonnateur et de deux officiels de l’Overseas Territories Department britannique.
Nouvelle rencontre après le verdict
Un communiqué officiel émis dans le sillage de ces échanges note que « Members (Chagos Islands All-Party Parliamentary Group) urged the Foreign Secretary to discuss any US defence concerns with Hillary Clinton directly and to seize the opportunity of the 2014 review of the 1966 agreement in order to make provision for the return of the Chagossians to the Outer Islands. The Chairman of the APPG suggested that one way of making progress would be to establish in the FCO a cross cutting unit, independent of Overseas Territories Department, which would bring all issues from human rights to conservation together, dedicated to bringing about an overall settlement, and which would call on expertise from outside the FCO. With political will and compromise, solutions could be found ».
Les sujets abordés par les parlementaires britanniques étaient axés sur l’accord anglo-américain de 1966 autour de la cession de l’archipel des Chagos, les engagements pré-électoraux des conservateurs et libéraux britanniques envers les Chagossiens, la défense et la sécurité, l’appel devant la Cour européenne des Droits de l’Homme, les obligations de la Grande-Bretagne au titre des Droits de l’Homme ou encore « feasibility of resettlement (sea-levels etc.), availability of funding, the need for a new independent study, the legitimacy of the MPA, conservation and future sovereignty ».
Toutefois, la réaction officielle du Foreign Secretary se résume au fait que « William Hague listened carefully to their suggestions but whilst he was sympathetic to many of the views expressed he could not take matters forward until the court cases had been concluded when a different situation could prevail. He understood that a decision by Strasbourg might take until the early summer. Members urged him, in the meantime, to take forward discussions with the US and Mauritius. M. Hague reiterated FCO positions on defence and feasibility, whilst recognising that the practical aspect of resettlement was secondary to the principle of the right to return ».
La partie officielle britannique a promis une nouvelle rencontre avec les parlementaires après le verdict de la Cour de Strasbourg dans au moins six mois.