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A l’Assemblée générale des Nations unies hier, 116 États membres (60%) ont soutenu la position de Maurice suite à l’Advisory Opinion rendu par la Cour internationale de Justice. Seuls six pays, dont la Grande-Bretagne et les États-Unis, ont fait fi de ce jugement de la plus haute instance judiciaire des Nations unies.

Réactions ci-dessous au vote historique suite à l’Advisory Opinion de la Cour internationale de Justice de La Haye.

Pravind Jugnauth : « Presion pou kontinie lor Angle  »

« Je tiens à rappeler que c’est un troisième moment historique dans ce combat après les débats précédents aux Nations Unies en 2017, portant cette affaire à la Cour internationale de Justice, l’avis consultatif émis en février dernier et voilà cette position des Nations Unies en notre faveur pour que notre République puisse compléter sa décolonisation. Se enn tre gran viktwar pou Larepiblik. Maintenant que l’Assemblée générale a établi les modalités pour que l’Angleterre complète cette décolonisation dans un délai de six mois, nous allons maintenir la pression. Nou finn gagn enn vot masif malgre presion enorm ki Angle ek Amerikin finn mete isi a New York. Mo mem monn temwagn sa depi mo la. Plizir pei eropein finn akord nou zot soutien. Mo remersie zot, mo remersie Linion afrikenn ek bann pei ki finn soutenir nou ek mo remersie zot tou ki finn travay lor sa dosie-la. À ce stade, je suis encore choqué et déçu par la posture du gouvernement britannique. Si zot kontinie al dan move kote listwar, se zot swa, li domaz. Me presion pou kontinie lor zot. »

Paul Berenger : « Se enn vot formidab »

« C’est un vote formidable malgré la campagne intense menée par les États-Unis et la Grande-Bretagne, malgre bann presion ki Angle ek Amerikin finn fer lor sa dosie-la. Pou lemoman, nou get li dan sa direksion-la. Me nou pou analiz bann rezilta-la, ek bann vote ki finn ena de bann pei ek nou fer plis komanter apre. »

Ivan Collendavelloo : « Victoire du droit et de la morale »

« Évidemment, l’euphorie est dans l’air. C’est un long combat qui continue. La communauté internationale est du côté de Maurice. Le score de 116 est au-delà de nos espérances. Il faut analyser les résultats. À première vue, certains pays comme la Nouvelle-Zélande, qui avaient voté contre lors de la présentation de la première résolution, se sont abstenus cette fois alors que d’autres qui s’étaient abstenus ont voté avec nous. C’est la victoire du droit et de la morale. Évidemment, le plus grand hommage va à sir Anerood Jugnauth. Pravind Jugnauth, son successeur comme Premier ministre, continue le combat. Je sais combien il a travaillé très dur pour arriver à ce résultat. Je le félicite. J’ai eu l’occasion de le faire à travers un message que je lui ai envoyé. »

Xavier-Luc Duval : « Nou espere pena reprezay kont Moris »

« Je félicite toute l’équipe qui a participé dans la concrétisation de cette victoire. Le PMSD a tout le temps été partie prenante de cette bataille, que ce soit dans le gouvernement comme dans l’opposition. Nous avons progressé de 20 votes depuis la première résolution devant les Nations unies, ce qui démontre le soutien international acquis dans ce processus. Nous attendons désormais la réaction de l’Angleterre et des États-Unis. Mo espere ki zot pran not lopinion internasional lor sa zafer-la. Nou espere pena reprezay kont Moris. Cette résolution n’a pas de force légale. Nous avons vu auparavant ce qui s’est passé avec la Palestine. Donc, attendons voir. »

Lindsey Collen, Lalit : « Enn gran rakle pou Grand-Bretagn ek Leta-Zini »

« Se enn pli gran rakle pou Grand-Bretagn ek Leta Zini. Seulement quelques pays les ont soutenus. C’est une humiliation publique pour la Grande-Bretagne. Je constate qu’il y a beaucoup de pays européens qui ont voté en faveur du processus de décolonisation, notamment l’Espagne, la Norvège, la Grèce et la Chine. Il me semble qu’il y a un mouvement qui se dessine contre l’impérialisme et le colonialisme. Nous constatons que Jeremy Corbyn a pris position en faveur de l’avis de la Cour internationale de Justice. Nous avons travaillé pour cela. Nous avons écrit pendant plusieurs années aux députés britanniques. Pendant longtemps, pour eux, la question des Chagos était surtout d’ordre humanitaire. Nous leur avons expliqué et les avons convaincus que c’est aussi une question de souveraineté. Ils ne le savaient pas. Dans le Labour Party, il y a des gens de gauche, qui ne souhaitent pas que leur pays perde la face surtout à la veille des élections. Nous constatons qu’il y a aussi un changement au niveau des médias. Pendant longtemps, il nous a semblé que la question de souveraineté sur les Chagos faisait l’objet d’un “omerta” dans la grande presse en Grande-Bretagne et aux États-Unis. La presse internationale accordait un soutien ponctuel aux Chagossiens sur une base humanitaire. Nous avons aussi mené une campagne dans ce sens en contactant de grands reporters connus. Maintenant, nous constatons un “shift” mené, entre autres, par le journaliste du Guardian. Ces personnes parlent ouvertement de souveraineté et de crime comme l’humanité. Dans l’ensemble, Lalit constate des signes d’instabilité géopolitique. Il y a un “shift” vers la ligne anticoloniale et anti-impérialiste. »

Arvin Boolell: « Je félicite l’équipe mauricienne et tous les avocats »

« Je félicite l’équipe mauricienne et tous les avocats qui ont soutenu la longue lutte menée et qui a abouti au vote d’hier soir. Ce qui s’est passé dépasse le simple fait politique et a une dimension quasi légale. Désormais, la Grande-Bretagne et les États-Unis ne peuvent agir sans tenir compte du “ruling” de la Cour internationale de justice et du vote de l’Assemblée générale des Nations unies, qui a adopté la résolution avec une majorité absolue. Le Premier ministre a reconnu officiellement la permanence de l’État en ce qui concerne la décolonisation, la souveraineté de Maurice et le retour des Chagossiens dans leurs îles natales. Ces deux derniers aspects sont inséparables. Le revers subi par la Grande-Bretagne n’est pas étranger à ce qui se passe en ce qui concerne le Brexit. Elle n’a pas bénéficié du soutien de la majorité des pays européens. Il faut souligner que dans le sillage du jugement du Tribunal d’ENCLOS, beaucoup de personnes avaient estimé que les discussions concernant le bail accordé aux États-Unis auraient dû être faites sur une base trilatérale en incluant Maurice. Maintenant que la communauté internationale a reconnu que l’archipel des Chagos doit être retourné à Maurice, j’espère que les promesses faites par Jeremy Corbyn, qui est appelé à devenir Premier ministre britannique, ne seront pas des paroles creuses. En ce qui concerne Maurice, il est temps que le Premier ministre institue à nouveau le comité multipartite sur les Chagos de manière ce que chacun puisse apporter sa contribution et son expérience sur les mesures à prendre à l’avenir. J’estime également que le gouvernement doit entreprendre une étude sur les pertes encourues par Maurice en termes social, économique et de revenus pour n’avoir pas pu exploiter l’archipel des Chagos, une partie de notre territoire. Cela est important afin d’avoir les dommages nécessaires et de créer les infrastructures nécessaires pour les Chagossiens qui souhaitent retourner dans leurs îles. »

Me Robin Mardemootoo : « L’heure à la préparation du “Resettlement” »

« C’est la continuité de la démarche entamée. Je suis impressionné par la diplomatie mauricienne qui a su anéantir la pression des Anglais et des Américains. L’heure est maintenant à la préparation du “resettlement” et les travaux en ce sens doivent commencer, déjà que le gouvernement s’est engagé dans cette voie. Il faut bien encadrer cet exercice et le conduire de manière organisée. Fode ki gouvernman inplik li “fully” ladan ek lakominote sagosienn. Les Chagossiens doivent aussi participer pleinement, voire même “take the lead”. “Its high time” qu’on passe à l’étape suivante. »

Ashok Subron : « Ironik pou trouv Pravind Jugnauth fer laleson a UK »

« Li reprezant enn viktwar politik pou lepep Moris ek Sagos, apre viktwar ziridik dan International Court of Justice. Votman-la demontre ki sann-la nou bann “pei ami” ou pa. Lax inperyalis mene par Leta Zini ek Izrael inn resi selman ralie trwa pei o-mond pou soutenir UK. Pou Rezistans ek Alternativ li ase ironik, pou trouv Pravind Jugnauth fer laleson a UK pou respekte enn linstans ziridik United Nations, alor ki Leta Morisien pe fer ekzakteman lekontrer dan Lakour Siprem depi le 18 me 2019. United Nations Human Right Committee, linstans ziridik konparab a ICJ, finn dekrete pe viol Article 25 UN Civil and Political Rights Covenant lor klasifikasion kominal. »