Plus de cinquante ans après l’exil forcé de leurs parents, les jeunes Chagossiens se retrouvent face à un dilemme qui pourrait rendre impossible leur retour dans l’archipel. Ils évoquent plusieurs incertitudes et inquiétudes.
Ceux des générations qui ont suivi celle des déportés des années 60 exigent le respect de leurs droits et un retour sur les terres de leurs aînés. Ils sont curieux de connaître leurs origines et veulent donner une nouvelle vie à l’archipel.
Il leur a été raconté que la vie aux Chagos était un long fleuve tranquille. Il y faisait bon vivre et les gens étaient heureux avec le peu qu’ils avaient. Les Chagossiens travaillaient majoritairement dans les cocoteraies de l’archipel : ils récoltaient les noix de coco qu’ils retraitaient pour en tirer du coprah et de l’huile de noix de coco. Les habitants se nourrissaient principalement de cultures vivrières, d’élevage de volailles et de pêche côtière. “Rien n’était compliqué. Les gens vivaient bien et n’avaient pas de grandes préoccupations.” C’est ce que les parents de Louis Bertrand, 44 ans, lui ont raconté. Ce dernier, qui a eu la chance de visiter l’île pour le travail, rêve d’une existence similaire.
Sharon Sakir est également partie pour neuf jours aux Chagos en avril de cette année, dans le cadre d’une visite annuelle organisée pour les natifs qui vivent à Maurice et dans d’autres pays. Elle avait été choisie pour accompagner ces derniers. Elle raconte avoir été surprise de se retrouver face à une “mini-Amérique” à Diego Garcia. “Il y a eu beaucoup de développements après la déportation de nos aînés. Si mon défunt grand-père s’était rendu là-bas, il se serait rendu compte que Diego Garcia n’est plus comme dans ses souvenirs lointains. L’île est vivable, avec plusieurs restaurants, un supermarché, un hôpital, une salle de cinéma… Il existe même une facilité de transport”, raconte Sharon Sakir.