La création de la zone marine protégée autour des îles de l’archipel des Chagos, à l’exception de Diego Garcia, par l’ancien secrétaire britannique aux Affaires étrangères David Miliband, a été effectuée contre l’avis de ses conseillers et des experts britanniques en matière de pêcheries, soutient le Newscientist Magazine dans son édition du 29 septembre dernier.
« Advice to the UK’s foreign secretary David Miliband was clear. For 48 hours, memos flew from his officials, all advising him to hold back, take his time, consult and consider alternatives. He ignored them. The next day, five weeks before the 2010 election that would remove him from office, Miliband set up a giant marine protected area (MPA) covering 640 000 square kilometres of the British Indian Ocean Territory (BIOT), an area roughly the size of France », soutient le magazine britannique.
Les auteurs de l’article estiment que la démarche de David Miliband s’inscrivait dans une tendance consistant à associer la conservation avec la géopolitique. « Ten mega-MPAs have been established in the past decade. But the conservation case is sketchy », selon  Pierre Leenhardt, de l’université de  Perpignan, France. Il considère qu’il y a encore très peu de renseignement scientifique pour démontrer leurs avantages et leur efficacité. De plus, dans la plupart des cas, les zones marines protégées étaient en conflit avec les droits des communautés indigènes.
Dans une note adressée au magazine britannique et publiée le 15 octobre dernier, le haut-commissaire mauricien Mahen Kundassamy félicite les auteurs de l’article pour avoir démontré que la création de la zone marine protégée était de nature hautement politique et que David Miliband avait « rushed through against the advice of senior officials ». Le haut-commissaire mauricien déplore toutefois que l’article implique que la Grande-Bretagne a un droit de souveraineté sur l’archipel des Chagos. « The government of Mauritius does not recognise the so-called British Indian Ocean Territory, which the UK created in violation of international law and UN resolutions by excising the Chagos Archipelago from the territory of Mauritius prior to its accession to independence. » Et de souligner : « Le gouvernement mauricien reitère que l’archipel des Chagos, dont Diego Carcia, font partie intégrale du territoire mauricien aux termes des lois internationales et des lois mauriciennes. »
« The government of Mauritius is deeply concerned that the purported creation of the MPA not only infringes the sovereignty of Mauritius over the Chagos Archipelago and Mauritius’s full range of rights over it – including fishing and mineral-resource rights – but also impedes the exercise of the right of return of the Mauritian citizens who were forcibly removed from the Chagos Archipelago by the UK », poursuit-il. Mahen Kundassamy rappelle que le gouvernement a entré une affaire devant le Permanent Court of Arbitration (PCA).