En marge des célébrations du 47e anniversaire de l’indépendance et du 23e de la République, Londres s’est rappelé aux mauvais souvenirs des Mauriciens au sujet du démembrement unilatéral du territoire avec l’excision des Chagos. Le désenchantement des Chagossiens est encore plus grand car ils nourrissaient l’espoir d’une réponse positive du gouvernement britannique pour leur retour dans l’archipel sur la base des recommandations préliminaires de la Feasibility Study soumises par le bureau d’experts-conseils KPMG. En effet, à la veille du 12 mars, William Hague, Leader of the House of Commons et ancien secrétaire au Foreign Office, n’a pas été en mesure de formuler de garantie au nom du gouvernement à ce sujet. Pourtant, la dissolution de la Chambre des Communes est annoncée dans une semaine en prévision des prochaines élections générales en Grande-Bretagne. Olivier Bancoult, le leader du Groupe Réfugiés Chagos, qui devait participer hier à une séance de travail au Foreign and Commonwealth Office à Londres, doit encore ressentir cette perfidie de Londres à l’encontre des membres de la communauté des Chagossiens.
Cette fausse note politique de Londres sur les Chagos prend la forme d’un échange à la Chambre des Communes entre le député travailliste Jeremy Corbyn, président de l’All-Party Parliamentary Group on the Chagos Islands, et William Hague, Leader of the House et ancien chef de la diplomatie britannique. Le député travailliste, et un des plus ardents défenseurs de la cause des Chagossiens à Londres, voulait obtenir des précisions du gouvernement britannique quant à une déclaration politique sur le droit de retour des Chagossiens dans leur archipel.
« Will he please ensure that between now and Dissolution, the Government make a statement on their policy on the right of return in order to allow the historical wrong of the expulsion of the islanders from those islands finally to be put right, as promised by his Government at the start of this Parliament. We were promised that a decision would be made in this Parliament. There is a week to go », avait demandé le député Jeremy Corbyn selon le Hansard de la Chambre des Communes accessible sur le site internet.
La réponse de William Hague, qui avait déclaré en janvier dernier à cette même Chambre des Communes que « it has always been intended  that it would report at the beginning of this year ; in other words, very soon », devait surprendre plus d’un mercredi. Il s’est en effet dit ne pas être en mesure de donner de garantie à ce sujet dans la conjoncture, même s’il concède que les élections générales sont derrière la porte.
« The Hon Gentleman is a long-standing champion of this cause and is very assiduous in pursuing it. As he knows and as we have discussed before, there has been an extensive and major report – one I initiated when I was Foreign Secretary – on the feasibility or otherwise of habitation of the Chagos islands or parts of them. That is being considered very seriously by the Government. I cannot guarantee to the hon. Gentleman a statement about it before Dissolution, given that we have nearly arrived there. I can tell him that the Government are giving detailed consideration at the highest level to the report, but I do not know when a decision will be made », devait déclarer William Hague. Cette déclaration officielle du gouvernement britannique constitue une véritable douche froide pour des membres de la communauté des Chagos, qui sentent encore une fois avoir été menés en bateau par Londres. Jusqu’au début de cette année, et avec la publication du rapport préliminaire de KPMG, soutenant qu’il n’y a aucun obstacle pour un resettlement dans l’archipel des Chagos, sauf la base militaire et nucléaire des Américains à Diego Garcia, les Chagossiens avaient fondé de gros espoirs après 50 ans d’exil forcé.
Commentant cette nouvelle volte-face de Londres, l’UK Chagos Support Group Association ne cache pas son amertume s’appuyant sur le fait que cette absence de garantie formelle intervient « despite promises from (British) ministers that the issue would be resolved before the election ». En conclusion, cette association de soutien aux Chagossiens note : « Failure to reach a decision would be yet another shameful broken promise to the Chagossian people. This administration has a unique opportunity to deliver justice for the Chagossian people and leave a positive legacy. We urge Ministers to make this a priority and make the only just, fair and reasonable decision to support Chagossians’ right to return home. »
Une autre promesse des Britanniques, qui est actuellement en suspens, concerne un prochain déplacement des Chagossiens dans l’archipel. Londres a déjà fixé le mois d’avril prochain sans fournir de plus amples détails. Peut-être la question a-t-elle été évoquée lors de la rencontre d’hier à Londres avec des officiels du Foreign and Commonwealth Office. La précédente visite, qui aurait dû avoir lieu en novembre de l’année dernière, avait été tout simplement annulée. « We are committed to the Chagossians visiting the British Indian Ocean Territory in April 2015. BIOT Administration officials judge that this is the earliest time that safety concerns caused by mechanical problems on board the BIOT Administration’s vessel will be satisfactorily addressed, and the logistics of such a complex trip completed. Additionally, the community leaders are working with us to reallocate the funds set aside for the postponed 2014 visit to community projects », avait fait comprendre précédemment le secrétaire d’Etat au Foreign and Commonwealth Affairs Hugo Swire en attendant la confirmation de la date et des arrangements pour ce prochain voyage aux Chagos des exilés de 1965.