La Haute Cour de Londres est arrivée à la conclusion que la décision de Londres de créer un Marine Protected Area aux Chagos, en excluant la base nucléaire des Américains à Diego Garcia, est compatible aux lois en vigueur au sein de l’Union européenne. Ce ruling a été rendu hier suite à un procès instruit par le Groupe des Réfugiés des Chagos contestant ce projet de parc marin qui leur interdit l’accès aux îles de l’archipel.
Dans une première réaction, Olivier Bancoult cache difficilement sa déception devant l’indifférence des juges britanniques à comprendre la souffrance de la communauté chagossienne. Le leader des Chagossiens a signifié son intention de faire appel en vue de faire la démonstration au monde du traitement du gouvernement britannique envers les Chagossiens.
Dans les attendus de leur jugement, le Lord Justice Richards et le Justice Manning n’ont relevé aucun élément dérangeant dans la démarche des Britanniques en décrétant un Marine Protected Area. Ils ont rejeté les arguments mis en avant par les Chagossiens pour revendiquer leur droit au retour dans leur archipel natal. « These circumstances would provide an unconvincing plot for a novel. They cannot found a finding for the claimant on this issue », affirme le juge Richards dans le ruling.
De plus, les juges de la Haute Cour de Londres soutiennent : « There was now a settled principle of public international and municipal law that the inviolability of diplomatic communications requires that judicial authorities of states parties to the 1961 convention should, in the absence of consent by the sending state, exclude illicitly obtained diplomatic documents and correspondence from judicial proceedings. »
Dans sa première déclaration publique, après avoir pris connaissance de ce nouveau désaveu de la justice britannique, Olivier Bancoult se montre très critique et amer. « I am very disappointed that the judges did not consider the suffering of the Chagossian people. We don’t understand how it is possible for foreigners – the Americans at the base – to live on the land of our birth while we natives are denied this right. It is one of the most shameful things for the British government to have done », s’est-il insurgé en confirmant que des démarches ont été entreprises en vue de faire appel contre cette décision.
Dans un communiqué, remis à la presse locale et internationale, le Groupe des Réfugiés des Chagos fait comprendre, néanmoins, que « there are three very significant matter all of which the Court considered inadmissible or irrelevant to its deliberations, but which the Coalition Government will no doubt wish to rake very seriously ».
Ces trois points concernent la décision de la Haute Cour de Londres de rejeter, sur un point purement technique, les échanges de câbles diplomatiques entre Londres et Washington (Wikileaks) au sujet de l’expulsion des Chagossiens de leurs îles natales. À ce titre, Olivier Bancoult indique que les « Chagossians believe the world is not so blinkered and even ministers will wish to reject this discriminatory policy ».
L’autre point est axé sur les soi-disant études de fiabilité comme prétextes pour éliminer tout éventuel droit de retour aux Chagos. « But after years of denial of its existence we have seen the file on this report which our advisers have examined. This examination shows that the feasibility study was not based on sound science and were exaggerated and alarmist », poursuit le Groupe des Réfugiés des Chagos.
En dernier lieu, la décision a été prise pour mener une contre-expertise indépendante de ces études de fiabilité des autorités britanniques ; un expert a déjà été approché à cet effet. Olivier Bancoult dénonce les répercussions des opérations militaires des Américains sur la base de Diego Garcia. « The military base has caused huge amounts of coral blasting, has resulted in the destruction of vegetation and the concreting of large areas of Diego Garcia. Oil spills have seeped into the freshwater reservoirs and the coral base of the islands. A deepwater harbour for a vast military arsenal has been created where once we used to catch fish for our sustenance », fait-il comprendre.
Tout en affirmant être en faveur de la préservation de l’environnement, les Chagossiens s’appesantissent sur le fait que « our right to return to our homeland is fundamental and will never be surrendered. It is high time that the United Kingdom made those resolution of our plight a high priority ».