À l’initiative de l’évêché, une délégation de neuf membres du Groupe Réfugiés Chagos, accompagnée du père Gérard Mongelard, sera reçue au Vatican mercredi prochain. Lors d’une conférence de presse en fin de matinée aujourd’hui, les responsables de cette délégation ont souligné la dimension internationale prise par le combat pour le retour des Chagossiens sur leur terre natale et se sont dit convaincus que cette rencontre au Vatican peut « donner un boost à leur revendication ».
« Depuis deux mois, nous préparons ce voyage pour Rome. Le pape parle beaucoup de migrants et connaît bien le sujet. Les Chagossiens ont été forcés de quitter leur terre et font partie des migrants et la revendication de ces derniers pour le retour sur leurs îles est une cause juste », soutient le père Mongelard qui, depuis son retour à Maurice en 2002, accompagne les Chagossiens dans leurs revendications. Il qualifie cette audience prévue le 17 mai avec le pape ou son représentant de « belle avancée dans ce combat » en ne manquant pas de souligner aussi que l’Église à Maurice est « solidaire » avec le gouvernement mauricien sur la question de la souveraineté mauricienne sur les Chagos.
Pour sa part, Olivier Bancoult, responsable du Groupe Réfugiés Chagos, affirme que la revendication pour ce retour « a pris depuis longtemps une dimension internationale ». « Le fait que le Vatican ait accepté de nous recevoir est une indication que le pape connaît le dossier et ce déplacement à Rome est réconfortant pour ceux qui sont dans le combat. Nou pe al rod soutien le  pape konsernan vote ki pou pran lasamble. Une éventuelle prise de position du pape sur notre revendication aura du poids au niveau international ».
La délégation quitte le pays lundi prochain et sera de retour le 25 mai.
Rappelons que les évêques de la Conférence épiscopale de l’océan Indien (CEDOI), dans une déclaration commune le 4 septembre 2016, à l’issue de la dernière rencontre annuelle de cette instance au séminaire Notre-Dame-de-la-Trinité, à Beau-Bassin, avaient exprimé leur « soutien fraternel au peuple chagossien cruellement déraciné » de ses îles et soutenu sa demande de retour sur ses terres. Selon ces évêques, les Chagossiens ont droit à un retour sur leurs terres et ce retour « devrait être facilité et financé par les autorités qui les ont, unilatéralement et illégalement, délogés ». Pour les évêques de l’océan Indien, les Chagossiens sont toujours « un peuple avec son originalité culturelle forgée par les joies et les défis de la vie sur ces îles éparses ».
« Leurs ancêtres sont enterrés là-bas. Il y a encore des traces de leurs villages, qui témoignent d’une vie commune de longue durée brutalement interrompue », avaient dit les évêques signataires de cette déclaration commune, notamment le cardinal Maurice Piat (évêque de Port-Louis), Mgr Alain Harel (vicaire apostolique de Rodrigues), Mgr Gilbert Aubry (évêque de Saint-Denis), Mgr Denis Wiehe (évêque de Port-Victoria, aux Seychelles) et Mgr Charles Mahuza Yava (vicaire apostolique de l’archipel des Comores).