« La lutte des Chagossiens c’est notre lutte en tant que pays et en tant que nation », a déclaré hier soir le Premier ministre Navin Ramgoolam dans le cadre des débats sur le Chagossian Welfare Fund (Amendment) Bill présenté par la ministre de la Sécurité sociale Sheila Bappoo. Ce texte de loi vise à permettre aux enfants des descendants des Chagossiens de siéger sur le conseil du Chagossian Welfare Fund.
Le Premier ministre a rappelé que les Chagossiens et leurs enfants sont des citoyens à part entière de l’État mauricien. Selon Navin Ramgoolam, c’est une bonne chose que de permettre aux plus jeunes de poursuivre le combat mené par ceux originaires de l’archipel qui ont été expulsés, dont la majorité sont venus vivre à Maurice.
Le chef du gouvernement a rendu hommage à tous ceux qui ont gardé allumée la flamme de la lutte des Chagossiens, en particulier à Olivier Bancoult et à Fernand Mandarin. Sans oublier la regrettée Lisette Talate, dont le nom a été donné au centre social de Pointe-aux-Sables.
La ministre de la Sécurité sociale Sheila Bappoo, qui a présenté le texte de loi, a également rendu hommage à Lisette Talate (décédée l’année dernière) et à Marie Louise, une chagossienne qui, à 110 ans, est la doyenne des Mauriciens. La députée Arianne Navarre-Marie a pour sa part expliqué que malgré sa frêle allure, Mme Talate, avait une force de caractère formidable et a été de son vivant l’« archive ambulante » des Chagossiens. Elle a aussi souligné qu’avec cette législation, les enfants des Chagossiens, qui contrairement à la plupart de leurs parents ont reçu une éducation formelle, seront en mesure d’apporter leur contribution à leur communauté. Nando Bodha a aussi participé aux débats.
Le nombre des natifs des Chagos, qui s’élevait en 1981 à environ 3 000, est aujourd’hui estimé à 750, la majorité ayant atteint un âge avancé. D’où l’importance d’ouvrir le conseil à des jeunes.