Plus de 40 ans après leur déportation des Chagos, la communauté îloise à Maurice vit toujours dans la souffrance. Un déchirement accentué par la misère qu’ils ont connue en arrivant à Maurice et de laquelle beaucoup ne sont pas encore sortis.
“On nous a sortis du paradis pour nous jeter en enfer”, avance Rita Kishtoo. À 83 ans, Elysée Evenor vit toujours le déracinement avec peine : “Inn tir nou dan byin, inn met nou dan dife.” “Nous sommes venus ici et nous vivons comme des chiens”, s’insurge, pour sa part, Rita Baptiste, 66 ans. Ce sentiment de révolte ne les a jamais quittés. Plus de 40 ans après leur arrivée à Maurice, les natifs insistent : là-bas, “la vie était belle.” Et à leur arrivée ici la misère, le mépris, le désespoir les attendaient.