À écouter le président du Conseil de district de Grand-Port, Vinaye Harcharan, il est quasi certain que le groupe Currimjee Jeewanjee obtiendra son Building and Land Permit de l’autorité locale pour la construction de son projet hôtelier Le Chaland Resort Hotel, à La Cambuse. L’Executive Committee du Conseil de district se réunit cet après-midi à 14 h pour prendre la décision finale concernant l’octroi ou non du permis.
« Le bail a été signé en juin dernier. Ce qui signifie que ce projet a la bénédiction du gouvernement », a confié ce matin Vinaye Harcharan au Mauricien, qui le sollicitait pour un commentaire dans la perspective d’une décision de l’autorité locale sur la demande du groupe Currimjee Jeewanjee pour l’obtention d’un Building and Land Permit (BLP) pour son projet hôtelier à La Cambuse.
L’Executive Committee du District Council se réunit cet après-midi pour prendre une décision finale concertant l’octroi ou non du permis. « L’Executive Committee (EC) est la dernière instance à prendre une décision sur l’octroi ou non de ce permis. Les fonctionnaires membres du Permit and Business Monitoring Committee vont informer l’EC de sa décision et ce dernier va entériner ou non cette décision. Selon les dispositions de la loi, au cas où les décisions divergent, toute la question sera soumise au ministre des Administration régionales qui tranchera ».
Vinaye Harcharan avance qu’il n’est jamais arrivé qu’un District Council refuse un BLP pour un projet qui a déjà sa licence EIA et les autres permis nécessaires. « Si nous refusons, nous risquons d’être poursuivis en justice », dit-il. « Nous estimons que les opposants ont brûlé une étape quand ils n’ont pas fait entendre leur point de vue quand la question de l’octroi de la licence EIA était en discussion. S’ils ne se sont pas élevés à ce stade-là contre le projet, comment peuvent-ils aujourd’hui venir contester un projet qui a franchi toutes les étapes pour obtenir ces autorisations nécessaires dictées par nos lois ».
Notre interlocuteur rappelle que le District Council a eu l’occasion d’écouter lors d’un Hearing le 14 août dernier, les promoteurs et les opposants au projet. « Au DC nous avons reçu une pétition signée par 1 500 habitants des villages avoisinants se disant pour le projet. D’autre part sur les 1 350 opposants seuls environ 350 dont les noms et adresses étaient clairement mentionnés dans leur pétition ont été convoqués pour le Hearing », a-t-il précisé.
Vinaye Harcharan concède toutefois que les contestataires peuvent toujours contester le projet en ayant recours soit à un appel au DC soit à travers une injonction logée en Cour suprême. « Mais là ce n’est plus du ressort du District Council », affirme-t-il.
Sollicité pour un commentaire dans l’éventualité où le BLP serait accordé, le vice-président de l’ONG EcoSud, Sébastien sauvage, a confirmé l’intention des contestataires d’avoir recours à une injonction. « Dès cet après-midi nous seront en discussion avec notre homme de loi pour décider de la marche à suivre », dit-il.
Sébastien Sauvage s’élève par ailleurs contre des travaux qu’il dit avoir constaté dimanche après-midi sur le site du projet hôtelier à La Cambuse alors même que les promoteurs n’ont pas jusqu’ici obtenu leur BLP. « Quand on sait qu’aucun particulier ne peut commencer sa construction avant l’obtention de son BLP, l’on ne peut que s’étonner de cette impunité dont semblent jouir les promoteurs de ce projet ».
Selon nos informations, la Coalition Aret Kokin Nu la Plaz va s’associer à cette démarche d’EcoSud d’avoir recours à une injonction.
Georges Ah-Yan du Forum des citoyens libres et de la Platform Sov Nu la Plaz se propose lui aussi de suivre la même logique. « Nous avons déjà servi une mise en demeure au District Council contre sa façon de tenir ce Hearing, et nous n’aurons pas d’autre choix que de loger une injonction pour être logique avec nous-même », a-t-il affirmé.