Rencontrant la presse hier au Labourdonnais Hotel, Port-Louis, Dinesh Burrenchobay, MD de Currimjee Hospitality Management, le Dr Alan Sam-Soon, consultant en environnement et expert en assainissement et Pierre Baissac, expert en écologie, ont soutenu, pendant un peu plus d’une heure, que le projet hôtelier du groupe Currimjee Jeewanjee Ltd à La Cambuse respecte tous les paramètres environnementaux imposés par les autorités. Ils affirment que ce projet hôtelier est conçu selon une approche « écosystémique ».
« Plus de Rs 150 millions – dont Rs 46 millions versées au Consolidated Fund — ont été jusqu’ici dépensées sur ce projet, avant même de commencer à exploiter le terrain. Cela prouve une certaine volonté de notre part à faire de ce projet, un projet unique », a affirmé hier Dinesh Burrenchobay, le Managing Director de Currimjee Hospitality. Outre cette somme versée au Consolidated Fund, les dépenses encourues jusqu’ici touchent, entre autres, au financement d’une nouvelle route à hauteur de Rs 70 millions afin de permettre aux Mauriciens d’avoir un meilleur accès à la plage publique de La Cambuse, et à la construction de deux nouveaux bâtiments pour la National Coast Guard sur une portion de terrain de 12 arpents de Defence Land.
Selon l’intervenant, des investissements de l’ordre de Rs 2,7 milliards au total dans ce projet hôtelier contribueront à redynamiser l’économie dans cette partie de l’île. « En ce qui concerne Le Chaland Resort, quelque 300 emplois directs et 700 emplois indirects seront créés, et le recrutement donnera, à compétences égales, la priorité aux habitants de la région. Par ailleurs durant la construction de l’hôtel, jusqu’à 800 emplois seront créés ».
D’entrée, le MD de Currimjee Hospitality Management a expliqué que le groupe Currimjee Jeewanjee possède déjà un hôtel aux Seychelles, l’Avani Seychelles Barbarons Resort & Spa, rouvert le 1er février dernier après des rénovations. Pour le projet mauricien, a-t-il ajouté, le groupe s’est associé avec le plus grand opérateur en hôtellerie et restauration listé à la bourse en Thaïlande, Minor International (MINT) qui va opérer Anantara Le Chaland Resort & Spa.
Dinesh Burrenchobay ajoute que le partenaire du groupe Currimjee, Minor International, gère plus de 130 établissements hôteliers à travers le monde, représentant plus de 16 000 chambres, sous les labels Anantara, Avani, Per Aquum, Oaks, Tivoli, Elewana, Four Seasons, Mariott, St Regis et Radisson Blu. « Les opérations de Minor International dans l’hôtellerie s’étendent sur 25 pays en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique, dans l’océan Indien, en Europe ainsi qu’en Amérique du Sud et la vision de Minor International épouse fortement le concept de développement durable », soutient-il. Et d’assurer que pour Le Chaland Resort Hotel, « toutes » les procédures administratives, environnementales et autres ont été suivies. Il a voulu se montrer rassurant quant aux aspects environnementaux du projet hôtelier. « Ce développement comprend plusieurs éléments qui sont des premières à Maurice pour ce type de projet. Je suis certain qu’un jour notre projet sera pris en exemple pour ce qui est des mesures que nous initions pour avoir un impact positif sur l’environnement », soutient-il.
Dinesh Burrenchobay a ajouté que les enjeux environnementaux du Chaland Resort Hotel ont été détaillés dans le rapport EIA (Environment Impact Assessment) produit par la firme d’ingénieurs-conseils ARUP SIGMA en octobre 2012. « Outre une Environment Impact Assessment Licence (depuis janvier 2013), nous détenons une Cultural Heritage Impact Assessment Licence (depuis août 2012) et un Ramsar Clearance (depuis juin 2014), entre autres conditions imposées par les autorités », a-t-il martelé.
Le Dr Alan Sam-Soon s’est pour sa part évertué à démontrer que les mesures prises pour atténuer les impacts environnementaux du projet vont bien au-delà des normes imposées par les autorités. « D’abord, l’imposition d’un set-back de 100 mètres du High Water Mark apparaît comme une contrainte significative pour un développement hôtelier du type « beach resort » conventionnel. Cependant le site, avec des attraits écologiques importants, a permis une approche écosystémique qui sera un des points forts du Chaland Resort Hotel », a-t-il soutenu. Il a rappelé que les promoteurs ont proposé aux autorités de canaliser les eaux usées des toilettes de la plage publique et celles de la NCG vers la station d’épuration conçue pour traiter toutes les eaux usées de l’hôtel. « Le EIA report recommande que cette station d’épuration soit équipée des procédés de dénitrification (réduction de l’azote en forme liquide en azote gazeux) et de déphosphotation (réduction du phosphate) comme mesures additionnelles afin que les risques de fuite dans le lagon soient très faibles », a-t-il expliqué. Il a précisé que les effluents ainsi traités seront utilisés pour l’irrigation des zones végétales et qu’il n’y a pas de risques de ruissellement de ces effluents traités vers le lagon en face du site et vers les zones de conservations strictes se trouvant dans la baie.
Pierre Baissac a pour sa part longuement élaboré sur un plan de restauration d’une forêt côtière, aujourd’hui disparue à La Cambuse. « Ce plan prévoit la réimplantation progressive de la flore endémique qui ornait la zone côtière originellement, avant l’arrivée de l’homme sur l’île. Cette végétation permettre également la stabilisation de la dune et sa conservation. Ceci permettra à l’écosystème de se restaurer et ajoutera un “buffer” aux impacts du changement climatique et de la montée du niveau de la mer », a-t-il précisé. « Ce projet pourrait devenir le benchmark pour la restauration de la dune côtière et du coastal management à Maurice », soutient-il.
Selon l’expert en écologie, Le Chaland Hotel offrira aux visiteurs un site écologique d’une rare beauté naturelle et d’un écosystème unique.
En conclusion, Dinesh Burrenchobay a affirmé que le développement de l’hôtel se fera en conformité avec la licence EIA obtenue en janvier 2013.