Dans une vidéo présentant les défis environnementaux du projet hôtelier Le Chaland Resort Hotel du groupe Currimjee Jeewanjee à La Cambuse, le consultant en écologie Pierre Baissac a expliqué que le projet comprendra cinq solutions pour améliorer les écosystèmes de la région : un setback de 100 mètres, une station de traitement des eaux usées, l’interdiction des activités nautiques motorisées, la protection de la partie de la dune restante et la création d’une forêt côtière de 16 000 arbres endémiques.
D’emblée, Pierre Baissac explique que ce projet hôtelier du groupe Currimjee Jeewanjee est animé par la philosophie « No Net Biodiversity Loss ». « C’est-à-dire que ce projet n’aura aucun impact négatif sur la biodiversité. Mieux, quand on a un site aussi merveilleux que Le Chaland et sa proximité avec le parc marin de Blue-Bay, il nous fallait non seulement tout faire pour ne pas nuire à l’environnement, mais au final améliorer la biodiversité en rétablissant l’écosystème du parc marin et de la côte intérieure », ajoute-t-il.
Le groupe Currimjee Jeewanjee devait relever trois défis dans la réalisation de son projet hôtelier, a affirmé le consultant : préserver et améliorer les écosystèmes du parc marin de Blue-Bay, consolider le système des dunes de La Cambuse et contenir l’érosion côtière.
Parlant du parc marin, Pierre Baissac a expliqué qu’il y a quatre causes possibles de sa dégradation : des constructions ne respectant pas les 30 mètres de recul de non-construction (setback) à partir de la High water mark, les écoulements des eaux usées dans le parc, les activités nautiques motorisées dans le parc. Il s’est alarmé que les effluents de la station de la National Coast Guard et ceux des toilettes publiques sont présentement déversés directement dans le lagon à travers des fosses septiques. « Quand on sait que cette station abritait environ 130 policiers et qu’environ 2 000 à 3 000 personnes sont sur cette plage les week-ends, on comprend l’ampleur du déversement de ces eaux usées dans le parc marin », dit-il.
« Si ces trois premières causes sont toutes liées à des activités humaines, la quatrième cause, le changement climatique, se situe dans un grand contexte plus global et a pour impact, entre autres, la montée du niveau de la mer, cause d’une érosion côtière constante et grandissante ».
Et le consultant d’affirmer que le groupe Currimjee Jeewanjee a non seulement pris l’engagement de respecter les règlements imposés par les autorités et la Convention de Ramsar sur le parc marin, mais qu’il a en outre décidé d’aller au-delà de ses obligations légales et contribuer à réduire ces impacts négatifs et embellir les écosystèmes. « Le projet hôtelier s’impose non seulement un setback de 50 mètres au lieu des 30 mètres statuaires, mais les autorités lui ont demandé de respecter une zone verte de 50 mètres additionnels, ce qui fait un setback de 100 mètres, une première à Maurice ».
En outre, le projet comprend la construction d’une station d’épuration, qui traitera non seulement les eaux usées de l’hôtel mais celles des nouvelles installations de la NCG et des nouvelles toilettes publiques. « Sans compter qu’il n’y aura aucune activité nautique motorisée dans le parc marin ».
Concernant le système des dunes de La Cambuse, Pierre Baissac a expliqué que c’est un système « statique », contrairement à ceux de désert du Sahara qui change continuellement, par exemple. « Existant depuis environ 5 000 ans, cette dune ondulatoire a été créée par l’apport du vent. Elle est par la suite devenue encrée par la végétation ». Il a expliqué qu’avec la construction de la station de la NCG et du tarmac d’entraînement voisin, cette partie de la dune a été détruite à tout jamais.
Avec le phénomène de l’érosion de la plage de La Cambuse, le groupe Currimjee a pris l’engagement non seulement de consolider la dune restante, mais également de restaurer la forêt côtière. « Nous avons observé que les filaos aggravent l’érosion côtière quand les vagues s’attaquent de façon répétée à leurs racines, entraînant le sable vers le large et qu’en outre la dune a besoin d’être consolidée. Nous allons par conséquent éliminer les filaos et restaurer une forêt endémique sur une zone côtière de 300 mètres de long et jusqu’à 8 mètres vers l’intérieur ». Ainsi, quelque 16 000 arbres endémiques seront plantés sur une superficie de sept arpents. « Les Mauriciens ne savent plus à quoi ressemble une forêt endémique primitive. Ils pourront ainsi admirer sa beauté et sa richesse, car il y aura environ une centaine d’espèces ».
Expliquant la motivation du groupe Currimjee Jeewanjee à vouloir relever ces défis environnementaux, Pierre Baissac explique que les promoteurs ont voulu être proactifs. « On aurait certes pu ne rien faire, nous contentant de tout laisser dans l’état où nous l’avons eu. Mais ne rien faire n’est pas la solution. Nous savons que nous allons transmettre cette région à nos enfants dans un bien meilleur état que nous ne l’avons nous-mêmes obtenu ».