Bioculture, entreprise exportatrice de singes à des fins biomédicales vers des laboratoires étrangers, est en train de créer actuellement une forêt indigène, à Chamarel, dans le sud de l’île. « Ce sera un centre écotouristique où nous propageons des espèces indigènes de plantes. Ce sera axé beaucoup plus sur l’éducation et la conservation. Nous travaillons sur ce projet depuis 2004 et nous pensons l’ouvrir au public, local et étranger, cette année », déclare Nada Padayatchy, Development and Liaison Manager chez Bioculture, qui précise qu’il y aura des salles de classe, ainsi que des matériaux pédagogiques pour expliquer la conservation aux enfants.
Nada Padayatchy relève que la majorité des Mauriciens connaissent peu Bioculture, si ce n’est à travers La Vanille Nature Park, créé à Rivière-des-Anguilles en 1985. « Le parc est notre vitrine à vocation touristique mais c’est aussi un lieu de détente, de loisirs et d’apprentissage, d’éducation, de découverte et pourquoi pas une escale gastronomique », dit-il. Mais Bioculture, ajoute-t-il, « c’est surtout l’élevage de singes à des fins d’exportation pour la recherche biomédicale sur six différents sites situés dans le sud du pays. » Cette entreprise dispose également d’un site en Floride, aux États-Unis, « pour être plus près de nos clients. » « Depuis toujours, nous avons à coeur le bien-être de ces animaux qui nous aident dans la recherche des médicaments aux problèmes qui affectent les humains. Zot pe sov lavi dimounn, nou dwa zot le pli gran respe », soutient notre interlocuteur.
Dans sa démarche d’aide à la biodiversité « kot nou servi ban primate ki fer nou se ki nou ete zordi », Bioculture a créé d’autres projets de conservation hors de Maurice, à Rodrigues et à Madagascar. À Rodrigues, elle a lancé, il y a huit ans, le projet François Leguat, connu auparavant comme l’île aux tortues. « Les tortues ont disparu mais nous avons recréé complètement la forêt et introduit une autre espèce de tortue géante. À Madagascar, nous aidons aussi à la conservation des lémuriens. Nous aidons la population aux alentours en améliorant la qualité de leur vie », indique Nada Padayatchy.
Pour sa part, Marie-Anne Griffiths, directrice de Bioculture, annonce des développements du côté de La Vanille Nature Park qui vont être officiellement montrés au public en avril prochain. « In life, if you stand still, you die. On doit toujours se renouveler et se remettre en question », déclare-t-elle.
Mme Griffiths indique que 98 % des employés de Bioculture viennent de la région. En outre, elle aide les Ong de la région « qui font un travail formidable pour dans le combat contre la pauvreté, dans la promotion de l’éducation, entre autres, dans la recherche d’un environnement et d’une vie meilleure. »