Dans une mise en demeure servie à la firme Case Noyale Ltée, des rastas de Chamarel, réunis au sein de l’Association Socioculturelle Rastafari, accusent cette firme, photos à l’appui, de ne pas respecter l’injonction d’un juge de la Cour suprême. Cette injonction, émise le 1er juin dernier, ordonnait au défendeur de ne pas effectuer de travaux sur le terrain situé au site appelé “Le Triangle” ou “La Rousselière”, à Chamarel, en attendant que l’affaire soit entendue par le juge le 29 août prochain.
Dans leur mise en demeure, écrite par l’avoué Y. W. Appado, les membres de l’Association Socioculturelle Rastafari (ASR) rappellent qu’ils avaient le 30 mai dernier réclamé une injonction interlocutoire pour interdire à la firme Case Noyale Ltée de procéder à des travaux sur le site plus connu comme “Le Triangle” ou “Site La Rousselière” à Chamarel. Le 30 mai, ils obtiennent du Juge en Chambre une injonction en ce sens.
Les membres de l’ASR rappellent également que des affidavits ont été échangés et que cette demande d’injonction a été repoussée au 29 août prochain.
Or, le 13 juillet dernier, les rastas ont appris que Case Noyale Ltée procédait à des travaux d’excavation sur le site. Le 20 juillet, ayant constaté que ces travaux se poursuivaient, les membres de l’ASR ont pris des photos. Ils sont par la suite allés consigner une plainte au poste de police de La Gaulette.
Les membres de l’ASR affirment également dans leur mise en demeure que les travaux se poursuivent à un rythme accéléré et qu’ils craignent que d’ici le temps que cette affaire soit entendue ou prise sur le fond par la Cour, il y ait risque que ce soit trop tard, dans la mesure où des dommages irréparables auront été commis et qu’ils seraient mis devant « un fait accompli ».
Les membres de l’ASR ajoutent qu’avec cette mise en demeure, Case Noyale Ltée ne pourra pas prétendre ou plaider l’ignorance à l’effet qu’à travers ses actes, elle est en train d’ignorer délibérément l’ordre du Juge en Chambre émis le 31 mai 2016. Ils réclament par conséquent l’arrêt immédiat des travaux, faute de quoi ils demanderaient au juge d’appeler cette affaire au plus vite afin de chercher réparations.
Une copie de cette mise en demeure a également été envoyée au Conseil de district de Rivière-Noire, au ministère de l’Environnement, au ministère des Arts et de la Culture, au Conservator of Forests ainsi qu’au Commissaire de police.
Rappelons que cette affaire a débuté en début d’année quand les rastas de l’ASR ont découvert des machines en train de bulldozer le terrain où ils ont installé leur “Nyahbingi Tabernacle” (sanctuaire) à Chamarel et détruit la forêt primitive. Les rastas affirment que le terrain, connu comme “Le Triangle” ou site “La Rousselière”, appartient à la descendance des esclaves marrons depuis des générations.
Pour sa part la société Case Noyale Ltée revendique la possession du terrain.