La secrétaire générale de la Chambre d’Agriculture de Maurice, Jaqueline Sauzier, a présenté hier son projet de “Smart Agriculture”, qui vise principalement à réduire et mieux maîtriser l’utilisation des pesticides dans les cultures locales. « L’heure est venue de réfléchir à des moyens plus sains et écologiques de cultiver des légumes », dit-elle.
Cette présentation suit une enquête réalisée par la Chambre d’Agriculture qui a questionné environ 300 petits et moyens planteurs sur l’utilisation des pesticides, ou produits phytosanitaires, utilisés à Maurice. « Les produits phytosanitaires, qu’ils soient issus de l’industrie chimique ou d’origine naturelle, sont destinés à maîtriser ou à détruire les insectes, végétaux, champignons ou autres organismes indésirables pour les cultures. Ce sont, par exemple, les herbicides, les fongicides, les insecticides, etc. », souligne Jaqueline Sauzier.
La “Smart Agriculture”, aussi appelée “agriculture raisonnée”, indique Jaqueline Sauzier, est un mode de production visant à optimiser le résultat économique pour les planteurs tout en maîtrisant la qualité et la quantité des intrants utilisés, tels que les pesticides, les fertilisants ou l’eau. « Elle permet de limiter l’utilisation de produits phytosanitaires ou engrais au strict nécessaire grâce à l’introduction de techniques alternatives, comme des pièges ou des rotations de culture. Cela réduira ainsi au maximum les résidus de produits phytosanitaires dans l’eau, l’air, le sol et les produits alimentaires », souligne-t-elle. De ce fait, la “Smart Agriculture” prend en compte les objectifs économiques des producteurs, les attentes des consommateurs pour des produits plus sains, et le respect de l’environnement.
La secrétaire générale de la Chambre d’Agriculture fait ressortir que grâce à l’agriculture raisonnée, le producteur réduira ses dépenses liées aux produits phytosanitaires ou autres engrais. De plus, en utilisant moins de substances chimiques, le planteur se trouvera moins exposé aux dangers que représentent ces dernières. Le consommateur bénéficiera quant à lui de produits plus sains.
Expliquant les différentes étapes pour l’introduction de la “Smart Agriculture”, la Chambre d’Agriculture a établi un plan d’implémentation en plusieurs étapes : faire un état des lieux à travers une étude des pratiques des producteurs de légumes, une évaluation de l’utilisation des pesticides et autres produits phytosanitaires par les planteurs aujourd’hui ; établir une liste des objectifs concrets pour minimiser l’utilisation des pesticides et autres produits agrochimiques dans les plantations ; et préparer des projets pilotes.
Jaqueline Sauzier indique que les deux premières étapes ont déjà été franchies, avec une étude sur le terrain comprenant la participation de 300 petits et moyens planteurs qui cultivent plein champs (et non sous serres), répartis sur quatre régions de l’île. « Les pratiques agriculturales pour la production des 11 légumes et/ou familles de légumes les plus populaires à Maurice ont ainsi été étudiées, au moyen d’interviews et de questionnaires, afin de mieux comprendre l’utilisation des pesticides et autres produits phytosanitaires », indique-t-elle. Et d’ajouter que deux réseaux d’une dizaine de fermes pilotes utilisant la “Smart Agriculture” seront mis en place dans les semaines qui suivent avec des producteurs volontaires.