Retour sur les Championnats d’Afrique de badminton qui ont eu lieu du 16 au 23 avril à Benoni à Johannesbourg, Afrique du Sud. Les badistes mauriciens, qui abordaient cette échéance avec l’espoir de conserver leur titre par équipes mixtes, sont finalement tombés des nues, ne remportant aucune médaille. Par contre, l’épreuve individuelle a été comme prévu favorable à Kate Foo Kune, qui se distingue à nouveau avec l’or du simple dames, en sus de l’argent du double mixtes avec Julien Paul. Celui-ci ramène également le bronze du double hommes, ayant échoué dans le dernier carré.
Maurice remporte trois médailles, soit une de moins qu’en 2015 au Congo-Brazzaville (2 or, 1 argent et 1 bronze), perdant cette fois l’or en équipes mixtes et l’argent du double dames. Elle réalise également un parcours pour le moins désastreux dans le tournoi par équipes comme jamais avant, perdant tous ses matches. Le premier contre l’Algérie 1-4, puis contre le Nigeria 2-3 et enfin contre l’Afrique du Sud 2-3, terminant dernier du groupe B, le groupe de la mort. Comment s’est-elle retrouvée dans cette poule ?
« C’est le tirage au sort. On a retenu la même formule appliquée aux Championnats du monde par équipes mixtes (Sudhirman Cup) qui est basée sur le classement mondial des joueurs. En tenant compte de cela, Maurice et l’Égypte ont été désignées têtes de serie de chaque poule étant les seules à détenir un classement mondial par équipes. Par contre, les autres équipes telles l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Algérie, la Zambie, le Botswana, l’Ouganda et le Zimbabwe ont été répartis dans les deux poules après tirage au sort. C’est ainsi que Maurice et l’Afrique du Sud, les deux meilleures équipes, sont tombées dans le même panier avec le Nigeria, alors que et les autres équipes se sont retrouvées ensemble dans l’autre poule avec l’Égypte. C’était vraiment jouer de malchance », explique Raj Gaya, vice-président de l’Association mauricienne de badminton, qui s’était également déplacé en Afrique du Sud.
Mais reste quand même cette cuisante défaite subie d’entrée contre l’Algérie. Du jamais vu, d’autant que Maurice, qui aligne pourtant une paire aussi expérimentée que celle composée de Kate Foo Kune et Aatish Lubah, chute d’entrée en double mixte 9-21-17-21 face à deux jeunes algériens, Linda Mazri et Koceila Mammeri. C’était mal parti. « C’était le signe d’un mauvais départ. Se faire battre par deux jeunes, l’une âgée de 15 ans et l’autre 18 ans, est inacceptable », s’enrage presque Raj Gaya.
Mais cette déconvenue n’est pas pas en soi une surprise en sachant que les badistes du Mahgreb se sont mieux positionnés depuis quelques années. « Pas étonnant que d’ici deux-trois ans, on retrouve Koceila Mammeri au sommet de son art. C’est un jeune talent qui se distingue par son jeu intelligent et son sang froid. Mais le fait existe aussi que les badistes nord-africains ont plus de frottements avec l’Europe », poursuit-il.
Double déception
Au final, et même si on attendait l’Afrique du Sud, c’est l’Égypte qui s’impose 3-1 aux dépens de ce pays, alors que le Nigeria et la Zambie accrochent une médaille de bronze chacun. En demi-finales, l’Égypte, vainqueur du groupe A, dispose 3-2 du Nigeria, deuxième du groupe B, alors que l’Afrique du Sud, qui sort en tête du groupe B, domine 3-0 la Zambie, 2e du groupe A.
Dans le tournoi individuel, les choses n’ont pas été plus simples. Si Kate Foo Kune confirme qu’elle est bien au-dessus du lot en simple dames depuis bientôt trois ans maintenant, les Mauriciens ont perdu de manière générale tous les matches où ils étaient les plus attendus. Le simple hommes et le double hommes ont été dans la forme et dans le fond une double déception, souligne Raj Gaya. Avec Aatish Lubah qui se fait éjecter dès la phase qualificative du simple hommes, c’était encore mal engagé.
Mais il reste Julien Paul, qui signe deux victoires en phase qualificative et se retrouve classé n°1 dans le tableau final. Cette étape franchie, il échoue en demi-finales 15-21, 21-15, 22-20, perdant trois balles de match dans le 3e set face à l’éventuel champion, l’Algérien Adel Hamek, que d’aucuns considéraient comme un outsider, quoique bon spécialiste du double hommes. « Julien a perdu le titre de peu. Cela aurait pu être lui, mais il a flanché au moment décisif. C’est l’une des faiblesses de nos joueurs. »
La médaille d’argent qu’accroche le duo Foo Kune-Paul en finale du double mixtes est plus qu’une consolation après la déroute du double hommes Paul-Lubah en quarts de finale. « L’argent du double mixtes a permis à Julien Paul de se racheter. Mais une fois encore, on aurait pu avoir gagné car on perd au couteau en trois sets face aux Sud-Africains. La chance n’était pas de notre côté », confie Raj Gaya. Enfin, en double dames, Maurice, desservie par l’absence de Yeldy Louison, partait pour ainsi dire battue d’avance. La paire Kobita Dookhee-Sendila Mourat s’incline d’entrée en quarts de finale.
Le bilan est fait. Quelle est maintenant la suite ? « Nous allons rencontrer les coaches étrangers pour passer en revue les forces et les faiblesses de l’équipe afin de rectifier le tir. »