Une dernière sortie 2019 de très haut niveau attend le sprinter de Tranquebar à Doha

Jonathan Bardottier se prépare à aborder une nouvelle échéance, les Mondiaux de Doha, qui débutent vendredi au Qatar dans le Golf persique. Rien à avoir avec les 10es Jeux des îles qu’il a survolés aux 100/200 m et déjà abordé moins facilement les Jeux d’Afrique le mois dernier au Maroc. Cette fois, il se retrouve pour la première fois dans la cour des grands, où règne un certain Christian Coleman (E-U), qui est simplement détenteur de la meilleure performance mondiale de l’année au 100 m en 9”81, entre autres.

Le double médaillé d’or des Jeux des îles (100-200 m) et médaillé d’argent au 4×400 m dit avoir eu un aperçu de ce qui l’attend à travers sa participation aux Jeux d’Afrique le mois dernier (19-31 août), où il avait atteint les demi-finales tant au 100 qu’au 200 m. « Mais là le niveau n’a rien de comparable, même si ces Jeux d’Afrique ont frisé par moment le niveau mondial dans certaines épreuves », observe-t-il. À la veille de l’année des Jeux Olympiques de Tokyo 2020, il faut bien croire que les mondiaux de Doha ne manqueront pas d’attraits avec la qualification olympique en point de mire.

Mais pour le sprinter mauricien, cette grande première a d’autres significations : « Le but c’est d’acquérir surtout de l’expérience en côtoyant les meilleurs. Car je n’ai pas la prétention de pouvoir en battre quelques-uns, mais seulement me surpasser pour battre mon record personnel. Ce qui ne serait déjà pas mal. Avec toute la fatigue accumulée, je m’attends simplement à vivre une riche expérience. D’autant que je ne suis pas sûr d’avoir une nouvelle chance de courir aux mondiaux », confie-t-il.

Instructeur d’éducation physique au sein de force policière, le sprinter de 27 ans a mis le cap sur Doha hier. Il a transité par le Kenya et est arrivé au Qatar ce matin. Il a débarqué avec comme référence son chrono le plus rapide de 10”37 réalisé début juin à Réduit lors des championnats d’Afrique australe.

Pourvu d’une invitation spéciale, il lui faudra tout de même la justifier en rassemblant tout ce qui lui reste dans les jambes pour aller chercher un chrono rapide, voire, comme il le dit lui-même, un record personnel. L’occasion est trop belle pour la rater. Cette wild card lui a été accordée en sachant que quand aucun athlète d’un pays n’a réalisé les minima des mondiaux, cela confère à ce pays le droit de bénéficier d’une invitation, selon les règlements de l’IAAF dans les épreuves allant du 100 au 400 m, et les haies. Ce même privilège n’est toutefois pas accordé dans les épreuves de concours, avait indiqué Vivian Gungaram, président de l’Association mauricienne d’athlétisme (AMA), à l’occasion d’un point de presse tenu en juillet, à quelques jours des Jeux des îles. Ce dernier s’est également rendu à Doha samedi dernier.

Dans l’intervalle de son arrivée à Doha aujourd’hui jusqu’à son entrée de piste annoncée en pour ce vendredi 27 septembre lors « des préliminaires du 100 m hommes », Jonathan Bardottier aura le soin de récupérer du voyage, et surtout repérer les lieux et le stade, « le temps de quelques séances de vitesse et des sorties sur startingblocks. » Il a fait le déplacement avec Deoduth (Dev) Dabeea, membre de l’AMA.

Touché aux ischiojambiers en début de saison lors d’une tournée en Afrique du Sud, le sprinter de Tranquebar (Port-Louis) avait renoué avec la compétition fin avril lors du meeting international à Réduit après environ deux mois de remise en condition avec son coach Hervé Seerungen, ainsi qu’Éric Milazar. Puis, il a enchaîné les Australes, les Jeux des îles et les Jeux d’Afrique.

« Avec les mondiaux, c’est effectivement une longue saison avec toutes les courses que j’ai accumulées et les tours passés aux 100, 200 et 400 m. » Il est tout de même assez en jambes pour cette dernière sortie, d’autant qu’il ne va pas doubler au 200 m.