Tout comme lors de la dernière édition en 2009, le kick-boxing mauricien reviendra des championnats du monde avec une médaille d’argent et une de bronze. Fabrice Bauluck se trouve être de nouveau vice-champion du monde en low-kick dans la catégorie des -54 kg, alors que Facson Perrine accède à la troisième marche du podium chez les -63,5 kg pour sa première participation à des Mondiaux chez les seniors. Toutefois, cette avant-dernière soirée de compétition au Sports Hall de Skopje en Macédoine a laissé un goût d’inachevé dans le camp mauricien, qui s’est senti lésé par des décisions arbitrales prises à l’égard de ses représentants.
Lors de la finale de la catégorie des -54 kg qui l’opposait au Russe Astemir Borsov, Fabrice Bauluck écopait d’un point négatif à l’amorce de la deuxième reprise. Il se retrouvait ainsi avec neuf points de retard, ce qui s’avérait un handicap insurmontable. De son côté, Facson Perrine, qui affrontait en demi-finales un autre Russe, à savoir Denis Lukashov, glissait après une trentaine de secondes lors du round initial. Il se relevait promptement, se tenait en garde, mais l’arbitre le comptait jusqu’à dix pour déclarer son adversaire vainqueur avant la limite. L’entraîneur national, Judex Jeannot, était hors de lui et très en colère hier soir. « C’est vraiment injuste. Tout a été fait pour protéger les Russes tout au long de cette compétition. L’arbitrage était vraiment horrible. Je suis extrêmement déçu, car plusieurs points réussis par Fabrice n’ont pas été comptabilisés. En revanche, je ne comprends toujours pas la décision prise à l’encontre de Facson. J’ai protesté, mais en vain. ».
Pourtant, tout avait bien commencé pour Fabrice Bauluck au cours de la journée d’hier, car il avait disposé avec une certaine aisance du Kazak Zhalussan Blok en demi-finales à l’unanimité des juges. Reste que Astemir Borsov, médaillé de bronze aux championnats du monde juniors à Belgrade l’année dernière et médaillé d’or aux championnats d’Europe en 2009, abordait la finale dans les meilleures conditions que notre compatriote. Et ce du fait qu’il n’avait pas eu à s’employer en demi-finales. Son adversaire, le Macédonien Emil Nurkovic, étant disqualifié pour excès de poids au moment de la pesée. Une requête des dirigeants mauriciens selon laquelle la finale se déroule aujourd’hui n’a pas été agréée. Quoi qu’il en soit, Fabrice Bauluck, déjà double champion du monde juniors et double champion d’Afrique, enrichit son palmarès. Lui qui avait dû faire l’impasse sur la Coupe du Monde en raison d’un problème à l’oeil. Celui qui est connu dans le milieu comme « Fabulous Fab » a assurément de belles années devant lui, vu qu’il a retrouvé la plénitude de ses moyens lors de cette compétition.
De son côté, Facson Perrine n’a pu faire valoir son potentiel face à un Denis Lukashov au palmarès éloquent. Il a certes abordé le combat sans complexe, mais l’arbitre en avait sans doute décidé autrement. « Cela a été carrément du vol. Facson n’a reçu aucun coup et il était évident qu’il fallait à tout prix protéger le Russe afin qu’il aborde la finale dans les meilleures conditions », lance Judex Jeannot.
Malgré ce coup du sort, Facson Perrine se dit tout de même heureux du parcours accompli, avec trois succès acquis à chaque fois à l’unanimité. Mais aussi heureux de cette médaille pour sa première participation à des Mondiaux chez les seniors. À 18 ans, il demeure conscient que l’avenir lui appartient. « J’ai vécu une expérience enrichissante et je suis certain de m’être surpassé tout au long de cette compétition. J’ai abordé chaque combat à mon aise, et je demeure certain que j’aurais mis le Russe en difficulté. Je n’ai pas compris l’attitude de l’arbitre qui ne m’a même pas demandé si j’étais apte à continuer le combat. » Et d’ajouter, avec une certaine fierté : « J’ai réussi mon entrée chez les Seniors et il me reste maintenant à persévérer. »
Tout comme aux championnats d’Afrique et à la Coupe du Monde cette saison, le kick-boxing fait de nouveau honneur au quadricolore. Reste que ce premier titre mondial chez les Seniors le fuit encore. Le métal précieux pourra-t-il être obtenu dans deux ans au Brésil ?