Vaincu par le Russe Dongak Torepchi en finale des championnats du monde low-kick, Fabrice Bauluck n’a donc pas pu retenir son titre. À sa sortie du ring samedi dernier au Sports Hall Juan Antonio Samaranch à Sarajevo en Bosnie, le tireur de la catégorie -54 kg s’en voulait à mort. D’autant que le combat était à sa portée. De retour à Maurice hier après-midi, il a retrouvé ses esprits et s’attellera à remettre les pendules à l’heure. Dans moins d’un mois, il remettra l’ouvrage sur le métier au cours des championnats du monde de full-contact en Turquie. L’occasion de retrouver le goût de la consécration, même s’il évoluera cette fois dans une catégorie supérieure, soit celle des -57 kg.

Après avoir disposé tour à tour de l’Américain Taz Kalecopu et de l’Azéri Emil Humbatov, Fabrice Bauluck abordait la finale en position de favori, vu son métier et son expérience, comparativement à son jeune adversaire. Certes, Dongak Torepchi avait également fait très bonne impression suite à ses succès acquis aux dépens du Français Armand Alexis et du Kazakh Mikhail Ivachenko. Reste que le début du combat se révélait en faveur du tireur mauricien. « Je menais à l’unanimité des juges à l’issue du premier round. Le Russe est revenu quelque peu au round suivant, mais j’étais toujours en tête », relate Fabrice Bauluck. Puis, le scénario catastrophe, avec ce revirement inattendu de la situation. « Je ne comprends toujours pas ce qui s’est passé lors de ce dernier round. Tout est devenu plus compliqué tactiquement, car le Russe s’est montré fort bagarreur et cela cognait constamment. J’ai sans doute péché par manque de lucidité », analyse-t-il.

À partir de là, la frustration et la déception ont été autant de sentiments qui l’ont animé. « J’étais très en colère contre moi-même, car j’étais l’unique responsable de cette défaite. En abordant cette compétition, l’objectif était de retenir le titre, mais cela n’a pas été le cas malheureusement. » Toutefois, Fabrice Bauluck ne compte pas se lamenter sur ce revers, aussi cruel soit-il. « Je dois juste me relever et me remettre en question. Je ne peux certainement pas me morfondre dans cette frustration, car il s’agira de transformer le négatif en positif. » Et d’ajouter : « Il n’existe pas de garantie certaine dans le sport de haut niveau. Les échecs font partie du jeu et nous aident à mieux avancer. » Ce sera donc avec un esprit conquérant qu’il abordera la prochaine échéance mondiale. « J’ai envie de me racheter au plus vite. La Bosnie, c’est du passé. Il me faudra m’investir pleinement et me focaliser sur le rendez-vous turc. »

Déçu de n’avoir pu retenir son titre, celui qui s’est illustré en deux occasions tant chez les juniors que chez les seniors est tout de même enthousiasmé de la prestation de ses deux autres coéquipiers. « Cedrick Dinally et Warren Robertson se sont retrouvés sur le podium dès leur première participation chez les seniors. Trois tireurs et trois podiums : la performance se trouve être des plus appréciables », laisse entendre Fabrice Bauluck. D’autant que des pays ayant présenté une bonne vingtaine de tireurs sont revenus bredouilles. De ce fait, le kick-boxing mauricien a de nouveau laissé son empreinte sur l’échiquier mondial et est appelé à connaître d’autres lendemains meilleurs.