Les Championnats intercollèges nationaux d’athétisme se sont tenus la semaine dernière (lundi à jeudi) au stade Germain Commarmond, à Bambous. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la mission que s’était fixée la Mauritius Secondary  School Sports Association (MSSSA) et le ministère de la Jeunesse et des Sports pour redonner ses lettres de noblesse à la compétition et surtout récréer l’effervescence autour d’elle, n’a pas marché. Même si la MSSSA parle elle de réussite, les professeurs d’éducation physiques et les athlètes disent eux le contraire.
Au niveau des performances et de l’envie de bien faire des athlètes, il n’y a rien à redire. La motivation était bien là et les résultats ont suivi. Avec sa nouvelle formule ou plutôt un retour à l’ancienne formule – comme précisé par les membres de la MSSSA – qui avait fait des championnats inter-collèges d’antan une référence, il est clair que la MSSSA a voulu mettre toutes les cartes de son côté. Toutefois, on doit se poser des questions sur le timing adopté, car au final, on constate que les objectifs fixés n’ont pas été atteints.  Au niveau de l’affluence d’abord, le stade Germain Commarmond était à moitié rempli, un seul versant du stade était rempli, lors du dernier jour de compétition, jeudi. La raison évoquée par les professeurs d’éducation physique est qu’une bonne partie des collèges sont en période d’examens. Malheureusement, cet aspect très important n’a pas été pris en compte par la MSSSA.
L’autre interrogation demeure sans conteste la nouvelle formule adoptée par l’instance sportive qui gère le sport scolaire. Car selon la MSSSA, les deux premiers établissements de chaque région sont automatiquement qualifiés. Or, on se demande ce qu’il advienne des meilleurs athlètes des préliminaires dont les collèges n’ont pas été qualifiés pour la phase finale. Cet aspect n’a du reste pas manqué d’alimenter les commentaires lors de la compétition. Anand Sukhraj, professeur d’éducation physique au Couvent de Lorette de Mahébourg, a d’ailleurs déclaré:  » Au niveau technique, il n’y a rien à reprocher à la MSSSA. Les jeux se sont déroulés sans anicroches et pour preuve, aucune épreuve a enregistré de réclamation. De plus, des athlètes comme Dylan Permal et Pascal Désiré entre autres ont réalisé de très bonnes performances. »
Toutefois, Anand Sukhraj est d’avis que ceux concernés devront s’adapter à la nouvelle réalité du terrain et pense sincèrement que la formule doit être revue. « J’aurais préféré une ligue avec deux divisions comprennant quatre régions chacune. Cela aurait permis de réduire le nombre de jours de compétition et personne n’aurait été pénalisé. Car je trouve dommage que certains athlètes n’ont pas pu participer aux championnats. » Roy Sanhye, professeur d’éducation physique au collège St. Andrews, reconnaît quant à lui que la nouvelle formule encourage la participation massive des athlètes. Toutefois, a-t-il dit, c’est le timing adopté par la MSSSA qui pose problème « Je pense qu’on aurait pu avoir plus de spectateurs. Il n’empêche que comme nous sommes en pleine période d’examens, peu d’étudiants ont choisi de venir assister aux Championnats, préférant se consacrer à leurs études », a-t-il affirmé. Roy Sanhye est aussi d’avis que les athlètes faisant partie de la structure du Trust Fund for Excellence in Sports (TFES) ne devraient pas concourir sous les couleurs de leur collège respectif. Car selon lui, ces athlètes sont issus de différents collèges et regroupés au sein d’un seul établissement.
De son côté, son confrère Devanah Jooty du collège Hindu Girls se montre encore plus virulent envers les organisateurs comme en témoigne ses propos à Week-End:  » C’est un des plus grand fiasco de l’histoire des Championnats inter-collèges. Cela fait 27 ans que je suis dans le giron et c’est la première fois de ma vie que j’entends dire que 36 médaillés d’or féminin, lors des régionaux, n’ont pas pu prendre part aux finales nationaux tout simplement parce que leurs collèges n’ont pas terminé parmi les deux premiers ! Ce n’est pas normal que dans un concours de javelot, un concurrent lance à 25 m et que juste derrière, le lanceur fait 8 m seulement. La question que je me pose, c’est où va le sport, » s’interroge-t-il. Pour lui, il est clair que cette nouvelle formule n’est pas la bonne.  » Je me demande qui sont ces stakeholders qui ont été consultés pour établir cette formule. C’est vraiment décourageant pour les professeurs et pour les athlètes. »
Comme ses collègues, Dev Beelur du Swami Sivananda SSS abonde dans le même sens:  » Il manque de l’ambiance et de la motivation. C’est clair qu’on doit abolir cette nouvelle formule. Qui plus est, beaucoup d’athlètes ont été injustement pénalisés en raison de cette formule. J’ai d’ailleurs une pensée pour les parents dont les enfants se distingués au niveau régional, mais qui n’ont pas participé à ces championnats parce que seuls les deux meilleurs collèges ont pu accéder en finale. Comment voulez-vous qu’ils encouragent leur enfants à faire du sport quand on regarde le traitement qui leur est réservé. » A noter que les parents et les athlètes présents ont aussi décrié cette  nouvelle formule qu’ils jugent injuste et qui ne récompensent pas l’effort.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la MSSSA a encore un grand chantier devant elle. Car il est clair que la nouvelle formule adoptée est contestée et est loin d’avoir fait l’unanimité. Aux dirigeants de la MSSSA de prendre maintenant les décisions qui s’imposent, afin de rendre aux sports inter-collèges d’athlétisme ses lettres de noblesses.