Mathieu Le Blanc, champion de Maurice en exercice, remet son titre en jeu demain matin. Le temps des championnats nationaux est arrivé et tous les concurrents s’affûtent pour la course, dont le départ sera donné à Curepipe. Qui sera sacré champion de Maurice à l’issue des 140 km de la course élite ?
Selon les rumeurs, Steward Pharmasse serait le candidat désigné pour porter, à partir de dimanche, le maillot de champion de Maurice. En théorie il est bien placé. Quelques points pour étayer ces dires. Il a retrouvé la forme quand il le faut. Explications. Alors qu’il rate son début de saison, il se remet dans le sens de la marche à deux semaines du Tour de Maurice et va gagner le Circuit de Sorèze. Puis, il aide son coéquipier à acquérir, puis à défendre le maillot vert. Entre-temps, il va gagner la cinquième étape, à Sorèze justement. Ensuite, il est avec Mike Chong Chin le seul à avoir l’expérience de ce genre de course. Mais encore faut-il que les jambes répondent au bon moment.
Mais après Pharmasse, on peut se laisser aller à tous les pronostics. Son camarade de club Thierry David, sprinter accompli, pourrait lui aussi jouer le rôle du poil à gratter. À condition de pouvoir tenir 140 km, puis d’avoir assez de jus pour sprinter dans le cas d’une arrivée massive. Pour David aussi le coup est jouable. Au lendemain d’une victoire au classement rush du Tour de Maurice, il avait d’ailleurs déclaré qu’il prenait une chose à la fois. « Si ce n’est pas moi, tant que ça reste dans l’équipe, ça ira », avait-il déclaré, se montrant très confiant quant aux chances de l’équipe.
Maintenant, un tour d’horizon des autres éventuels prétendants. Mike Chong Chin est de ceux-là. En remportant la course d’ouverture en février dernier au Champ de Mars, le Nordiste, qui n’a plus rien à prouver, a quand même montré que ses jambes sont toujours celles d’un jeune premier. Récemment, sur le Tour, il a aussi fait partie des animateurs de la course, créant une grande échappée qu’il a lui-même arrêtée à quelques kilomètres de la fin. Est-ce qu’il sera en verve dimanche matin ? On peut sans peine avancer que oui.
D’autant que cette année, le VCJCC-Bank One est amputé de son leader. L’année dernière, le peloton a livré un bien triste spectacle. Les principaux leaders ayant choisi de rester scotchés à la roue de Yannick Lincoln, on a eu droit, en 2012, à une pâle imitation de ce qu’est une course cycliste. Cette situation a même forcé quelques-uns à se demander où se situait la responsabilité des coureurs vis-à-vis de leurs sponsors et de leurs clubs.
Cette année, l’absence de Yannick Lincolne se fera certainement sentir. Donc, pas de roue à prendre. Aux leaders de s’assumer. Mais quel visage présentera l’effectif curepipien qui, bien que passablement fourni, semble en panne d’inspiration dès que son leader est absent ? On le sait, Sébastien Tyack s’est concentré sur son bac, tout comme Mathieu Le Blanc. Donc, deux chances en moins pour les Curepipiens, à moins d’un gros revirement de situation.
Qu’en est-il dans ce cas de l’UCRH-Engen ? La formation rose-hillienne vient de récupérer Pascal Ladaub, mais a perdu depuis la fin de la saison dernière Yolain Calypso, de retour au PLMCC, et Hugo Caëtane, véritable trublion sur ce genre de courses. Mais dans les faits, de façon très objective, il y a un paramètre à prendre en considération : il n’y a pas de tactique collective. Les championnats sont connus pour avoir couronné les coureurs qui ont montré un tant soit peu de jugeote et de ruse, à l’image de Thomas Desvaux, vainqueur en 2011, ou Mathieu Le Blanc, lauréat l’année dernière. Personne ne les voyait s’imposer au terme de la course, surtout pour Le Blanc, qui a été vu cette semaine en train de s’entraîner. Le coureur prend donc très au sérieux la défense de son titre.
Ces dix dernières années, seuls Mike Chong Ching et Steward Pharmasse ont remporté la course au maillot arc-en-ciel. Un signe du destin ?