Une question parlementaire du député Adil Ameer Meea au sujet de l’évolution d’un projet du gouvernement d’ouvrir une chancellerie en Arabie saoudite a donné lieu à des échanges sur un ton acrimonieux entre députés de la majorité et de l’opposition.
Le député mauve n’était nullement satisfait de la réponse donnée par le ministre des Affaires étrangères selon laquelle pour contraintes budgétaires et à cause de la crise économique internationale, le gouvernement a mis en veilleuse le projet en question. Adil Meea lui a répliqué que l’annonce de cette chancellerie n’était ni plus ni moins « qu’une promesse politicienne durant la dernière campagne électorale ». Suffisant pour enflammer les députés du Ptr, accusant pour leur part l’opposition d’en faire une question communale.
« This question of budget constraint has been always the same answer since 2007 », a constaté le député Adil Meeah en rappelant les réponses similaires données par le gouvernement. Ses observations concernant les promesses électorales du gouvernement sur cette question ont déclenché un chahut général accompagné de propos agressifs et des commentaires piquants des deux côtés. Même Arvin Boolell, connu pour son ton calme, s’est emporté. « We have no lesson to learn from everyone. There is a vicious campaign outside on this issue », a-t-il affirmé. Les plus bruyants du côté de la majorité ont été Nita Deerpalsing, Patrick Assirvaden et Shakeel Mohamed, qui a été rappelé à l’ordre par le Deputy Speaker. Celui-ci a eu beaucoup de mal à ramener le calme.
Dans la première partie de sa réponse initiale au député Amir Meeah, le ministre des Affaires étrangères a brossé un tableau des relations bilatérales existant entre l’Arabie Saoudite et Maurice. Selon Arvin Boolell, la « vague révolutionnaire au niveau social » sans précédent que connaît le monde arabe depuis quelques mois est en train de transformer le « paysage politique complexe » dans le Moyen-Orient et dans les pays de l’Afrique du Nord. Le gouvernement mauricien, a-t-il dit, veut « deepen and expand » les relations qui existent avec l’Arabie saoudite.
Dans ce contexte, il y a eu, a indiqué Arvin Boolell, a « joint working session » en avril dernier à Riyad portant sur l’élaboration d’un « General Framework Agreement on Cooperation between Mauritius and Saudi Arabia ». S’agissant d’une présence diplomatique, le ministre des Affaires étrangères a affirmé que Riyad demeure une des capitales où le gouvernement voudrait ouvrir une ambassade permanente, « afin de rehausser la présence diplomatique mais aussi de mettre les relations bilatérales sur des bases plus solides ».
Toutefois, a dit Arvin Boolell, en raison de la situation économique difficile internationale, le gouvernement se voit contraint à revoir ses priorités en ce qui concerne les activités diplomatiques. « We are duty bound to prioritize our actions and put on hold part of our planned activities aimed at extending our diplomatic outreach. »