Le peuple admirable, dont je fais partie, ne peut qu’être déboussolé par la prise de position du leader de l’opposition en ce qui concerne le « Best Loser System ».
Est-ce le même Paul Bérenger qui a inscrit en première ligne des objectifs du MMM, lors de la constitution de ce parti, le combat contre le « communalisme » et qui a ensuite lancé le slogan « Ene sel lepep, ene sel nation » qui défend, aujourd’hui, bec et ongles le B.L.S en proclamant  qu’il n’est pas nécessaire de supprimer celui-ci parce qu’il « mourra de sa belle mort et de lui-même d’ici à deux ou trois élections générales » ? Vous aurez noté qu’il a eu la pudeur de ne pas ajouter « Après moi le déluge ».
Pour le maintien de ce système, qui est, aujourd’hui, décrié par la majorité des intervenants au débat, Paul Bérenger préconise que les futurs candidats ne soient pas tenus, au moment du dépôt des candidatures, de déclarer leur communauté et qu’il appartiendra à l’Electoral Supervisory Commission de déterminer qui est qui.
Nous aurions pu envisager cette proposition si Monsieur le Leader de l’Opposition avait développé son argumentation en précisant les critères qui seraient utilisés pour cette sélection : faciès, nom patronymique ou accent ?
En cette absence devons-nous porter foi aux assertions des « mauvaises langues » (encore elles) qu’en l’occurrence P.R.B. ne fait que de la démagogie en essayant, par tous les moyens, de récupérer l’électorat, de la Plaine Verte, perdu ces dernières années, et sur lequel il s’est appuyé, depuis ses débuts en politique, en vue d’accéder au pouvoir.
Nous aurions pu accepter une telle prise de position d’un novice en politique mais de tels propos émanant du vieux routier qu’est Paul Raymond Bérenger nous amènent à penser qu’une certaine maladie n’efface pas uniquement la mémoire récente mais que, chez certains sujets, elle peut même occulter des prises de position remontant à plus d’une quarantaine d’années.
Il appartient, maintenant, au leader de l’opposition d’éviter que (je le cite) « la Réforme électorale …en cours de négociations… échoue en raison de cette question de nuance d’appréciation PTr/MMM sur ce système de désignation de députés correctifs » en acceptant purement et simplement l’enterrement du B.L.S.
Ce faisant, Bérenger entrera dans l’histoire comme le leader politique qui aura défendu ses convictions, sans compromission ni calcul opportuniste, du début à la fin de sa carrière et non celui qui par vil calcul démagogique aura fait capoter la réforme attendue par la majorité des vrais Mauriciens.
P.S. A un ami, de passage, qui me demandait quelle est l’idéologie de nos partis politiques respectifs, je n’ai pu que répondre : « Ils ont tous en commun le souci de conclure, quel qu’en soit le prix, la mésalliance qui leur permettra d’accéder au pouvoir.»