C’est lundi dernier, soit bien avant la date butoir du 1er octobre, que Maurice a soumis sa contribution prévue déterminée au niveau national, en l’occurrence l’INDC (Intended Nationally Determined Contributions), au secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Ce document décline les efforts que Maurice envisage de mettre en oeuvre dans le cadre de la lutte contre le dérèglement climatique en marge sa participation à la 21e Conférence des parties de la CCNUCC (COP21), qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre à Paris.
La synthèse de notre contribution prévue déterminée au niveau national a été publiée depuis lundi sur le site de la CCNUCC. Ce document décline les mesures d’atténuation et d’adaptation que Maurice s’engage à mettre en oeuvre sur son territoire pour maintenir, ensemble avec tous les autres états membres de la CCNUCC, le réchauffement mondial en deçà de 2°C d’ici 2030. Les mesures d’atténuation visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre, par exemple en modifiant les techniques de production employées. En revanche, les mesures d’adaptation ont pour objectif  la réduction de la vulnérabilité des systèmes naturels et humains aux effets des changements climatiques réels ou prévus. Le changement climatique est une augmentation observée de la température moyenne sur la surface de la terre et des océans causée par des émissions de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane et CFC, entre autres) produites par l’activité humaine.
Les INDC de Maurice regroupent une douzaine de mesures d’atténuation couvrant les secteurs suivants :  l’énergie, le transport, l’industrie, les forêts, l’utilisation des terres et la gestion des eaux usées. Parmi ces mesures, l’utilisation durable des ressources marines, la promotion des énergies renouvelables, l’agriculture bio ainsi que la mise en place d’un système de transport moderne et « propre ».
Les secteurs prioritaires identifiés dans nos INDC pour la mise en oeuvre des mesures d’adaptation sont notamment l’infrastructure, la réduction des risques de catastrophes, la gestion des zones côtières, la récupération d’eau de pluie, la dessalinisation d’eau de mer, la gestion intégrée des pesticides et des maladies, des techniques d’irrigation efficientes, la pêche durable, l’amélioration de la résilience terrestre et marine, le transport et la santé.
Le document rappelle que Maurice aura besoin d’une somme totale de USD 5,5 milliards pour la mise en oeuvre des mesures proposées, soit USD 1,5 milliard pour les mesures d’adaptation et USD 4 milliards en termes de mesures d’atténuations, sous forme de financement, d’investissements, de développement et de transfert de technologies et de renforcement des capacités. Les INDC précisent encore que Maurice a impérativement besoin du soutien international dans le cadre de la mise en oeuvre des mesures identifiées pour  permettre au pays de diminuer ses émissions de GES de 30% d’ici 2030, par rapport à un scénario de “business as usual”.