Intervenant hier à Le Victoria Hotel de Pointe-aux-Piments à l’ouverture d’un atelier sur le « Development of an Inundation, Flooding and Landslide National Risk Profile, Strategic Framework and Action Plans for Disaster Risk Management for the Republic of Mauritius », le ministre de l’Environnement et du Développement durable a révélé que Maurice subit déjà les catastrophés liées aux changements climatiques. Deva Virahsawmy a énuméré les mesures prises par le gouvernement pour y faire face.
« Qu’il soit grand ou petit, tout pays sera affecté par le changement climatique. Selon le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les Petits États insulaires en développement (PEIeD-SIDS), les pays les moins avancés et des pays en Afrique sont considérés comme les plus vulnérables et les plus à être affectés par le changement climatique. Maurice, étant un PEIeD, ne fait pas exception », a lancé le ministre de l’Environnement et du Développement durable devant un parterre d’invités composé de Leyla Tegmo-Reddy (UN Resident Co-ordinator), de Dominique Ng (directrice de l’Environnement), des consultants des Studio Galli Ingegneria and Associates d’Italie, ceux de la firme mauricienne Desai and Associates et des officiers de divers ministères et départements du gouvernement, dont l’Albion Fisheries Research Centre, le Meteorological Services.
« Les tragiques inondations de Mon-Goût à Pamplemousses en mars 2008, la diminution de la pluviométrie, les hautes températures enregistrées à Maurice ces dernières années et l’aggravation de l’érosion côtière ne sont que quelques exemples qui démontrent que l’impact du changement climatique à Maurice est bien réel et que les catastrophes liées au changement climatique sont déjà là ! » a élaboré Deva Virahsawmy.
Le ministre de l’Environnement et du Développement durable a expliqué qu’à travers ce projet de « Development of an Inundation, Flooding and Landslide National Risk Profile, Strategic Framework and Action Plans for Disaster Risk Management for the Republic of Mauritius », qu’il a appelé d’une façon plus simple « Disaster Risk Reduction and Management Project (DRRMP) », son ministère est en train de jeter les bases pour une meilleure gestion, à l’avenir, des catastrophes liées au changement climatique.
Deva Virahsawmy a ensuite élaboré sur les attentes positives de ce projet de réduction et de gestion des risques de catastrophes liées au changement climatique (DRRMP) : « D’abord, nous allons pouvoir identifier les zones qui seront affectées par les inondations, la montée des eaux et les glissements de terrain et prendre des mesures proactives en termes de réduction de risque et de gestion ; ensuite les retombées du DRRMP vont aider nos urbanistes à faire une meilleure planification de nos territoires urbains et ruraux ; puis nous pourrions mieux rendre le développement de nos zones côtières plus résilient à la montée des eaux et y adapter les infrastructures existantes ; et enfin, le DRRMP sera un outil précieux pour le Cyclone and other Natural Disasters Committee dans leur gestion des catastrophes naturelles et celles causées par l’homme ».
Deva Virahsawmy a ensuite énuméré les mesures prises par le gouvernement pour faire face au changement climatique : le projet Maurice Île Durable (MID), les 44 projets du National Programme on Sustainable Consumption and Production, les projets d’Eco-Village à Pointe-aux-Piments, Panchavati, Vuillemin et à Rodrigues à partir de l’année prochaine, entre autres.
Selon le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Maurice ne s’est épargné aucune peine pour rechercher les fonds nécessaires pour financer ces projets. Deva Virahsawmy a cité à ce propos l’Adaptation Fund Board sous le Protocole de Kyoto qui finance la lutte contre l’érosion côtière. Il a aussi annoncé l’élaboration d’un Technology Action Plan pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre et pour soutenir notre programme d’adaptation au changement climatique. « La nécessité de s’engager activement dans la réduction et la gestion des risques de catastrophe n’a jamais été si pressante à Maurice ».
Dans son intervention, la UN Resident Co-ordinator Leyla Tegmo-Reddy a expliqué, entre autres, que le DRRMP est organisé sous le Programme d’adaptation en Afrique (voir encadré) et est exécuté par le MoE & SD en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Elle a remercié le gouvernement japonais qui finance ce programme à hauteur de USD 92 millions pour 20 pays africains. Le budget alloué à Maurice s’élève à USD 2,9 millions.
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Le PAA : augmenter la capacité de s’adapter
Le Programme d’adaptation en Afrique a été lancé en 2008 par le Programme des Nations unies pour le développement en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et le Programme alimentaire mondial (Pam), et bénéficie d’un financement de USD 92,1 millions du gouvernement japonais.
Le PAA a été créé dans le contexte du Cadre conjoint Japon-PNUD pour le développement d’un partenariat en faveur de l’adaptation au changement climatique en Afrique, un partenariat fondé lors de la quatrième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD) en mai 2008.
Le PAA ne constitue pas un programme classique d’adaptation au changement climatique ; l’orientation est davantage stratégique et vise à créer l’environnement dans lequel des décisions et pratiques d’adaptation plus informées et appropriées peuvent être prises et entreprises dans le contexte du développement durable.
Dans le cadre du PAA, le développement est considéré comme essentiel à la réduction de la pauvreté, celui-ci doit par conséquent être durable et, pour être durable, doit être résilient à toutes menaces, quelles qu’elles soient, que leur origine soit climatique ou non.
Un élément central de la méthodologie du PAA est l’aide aux participants des 20 pays du PAA à développer les capacités professionnelles dont ils ont besoin afin de réussir dans la tâche difficile consistant à induire un changement au sein de leurs pays.
Le PAA se concentre sur le renforcement des capacités essentielles à l’élaboration et à l’exécution d’un programme de développement résilient au sein des cinq champs d’expertise suivants :
1. Gestion des données et des informations
2. Institutions et leadership
3. Analyse et mise en oeuvre
4. Gestion des connaissances
5. Financement innovant