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Classé 47e au monde au plan de la vulnérabilité face au changement climatique, Maurice ne se porte pas bien s’agissant de l’environnement. Si des efforts sont faits çà et là, que ce soit par le gouvernement, les ONG ou encore le secteur privé, l’environnement doit être la préoccupation de tous.

Les Assises de l’Environnement – qui ont pris fin mardi après-midi après deux jours de discussions au Caudan Arts Centre – ont permis de lever le voile sur plusieurs sujets souvent cités mais oubliés. Les différentes thématiques sur lesquelles ont discuté des personnes ressources ont démontré la fragilité de l’environnement terrestre ou marin du pays.

À cet égard, 17 points évoqués par Yashvin Neehaul du Mauritius Oceanography Institute révèlent que la zone côtière et l’environnement marin du pays ont déjà été impactés par les activités de l’Homme. « Nous observons la dégradation des îles autour de Maurice et des activités grandissantes autour de la zone côtière », dit-il.

L’impact de ces développements est conséquent sur la santé et affecte les écosystèmes. La zone côtière se voit ainsi surdéveloppée créant moins d’espace pour le public. Ce qui a été mis en exergue lors de sa présentation c’est que le public n’a pas le droit de faire entendre sa voix en Cour. Pour lui, il est important de sensibiliser la population à la protection de l’environnement et croit qu’il faut aussi intégrer le changement climatique dans le curriculum scolaire pour que les enfants sachent quelle importance attacher à l’environnement.

Toutefois, il déplore que des rapports d’experts sur l’environnement sont souvent rangés au placard.

Évoquant la biodiversité et les ressources naturelles, Pamela Bapoo-Dundoo du PNUD dresse, pour sa part, un tableau sombre de la situation environnementale de Maurice. « C’est choquant de voir dans les villes que du béton alors qu’avant on avait des arbres », dit-elle citant plusieurs projets de développement dans le pays. Elle ne cache pas sa déception que ce sont de vieux arbres qui font les frais de ces développements.

Durant ses discussions avec des personnes ressources lors de ces assises, il a été question de nos forêts où celles protégées sont en dégradation. « Il faut activement restaurer les forêts. Rodrigues est le champion de la restauration », fait-elle ressortir. Par ailleurs, il est souligné que les étudiants qui choisissent la biologie ou les études sur l’océan à l’université de Maurice ne sont pas nombreux.

Lors de sa présentation sur la lutte contre la pollution, Neha Jaggeshar de l’université de Maurice a, elle, parlé d’un incivisme généralisé de la population mauricienne – soulignant que les véhicules continuent à émettre une fumée noire et que les cours d’eau sont continuellement pollués. Elle note aussi un manque récurrent de communication entre différentes organisations.

Par ailleurs, les différentes présentations ont aussi dévoilé le gros problème de la gestion des déchets. Selon Kreshny Guriah du ministère de l’Environnement, le recyclage est faible à Maurice car les déchets ne sont pas triés à la source. De plus, il n’y a pas un système en place pour la collecte et la gestion de différents types de déchets dans le pays, a laissé entendre cet intervenant. Et ce, tout en déplorant un manque de planification.

Les diverses présentations sur d’autres sujets, tels l’urbanisme, la politique environnementale et le changement climatique selon les intervenants requièrent une forte volonté politique pour que l’environnement du pays soit préservé.

Ramano s’engage personnellement…

Face aux appels des participants, le ministre de l’Environnement, Kavy Ramano a annoncé son engagement personnel à la cause environnementale. « Les assises ont montré plusieurs lacunes », a-t-il laissé entendre. Maintenant que des idées ont émergé, il donne l’assurance qu’elles seront « décortiquées et analysées en profondeur ». Kavy Ramano entend venir de l’avant avec un plan directeur pour les prochains dix ans. Des axes prioritaires seront bientôt présentés. Les recommandations, dit-il, n’impliquent pas la rédaction d’un plan directeur mais peuvent être mises en œuvre dans le court terme. Les membres du public souhaitant émettre des recommandations au ministère de l’Environnement ont jusqu’au 15 janvier 2020.