Le ministre de l’Environnement, Raj Dayal, a lancé hier la campagne « eco-driving » (écoconduite). Cette campagne vise à éduquer les conducteurs, non seulement pour économiser du carburant dans le but de leur faire faire des économies d’argent mais également de faire face à un enjeu humanitaire de taille : le réchauffement climatique.
« Si nous voulons protéger l’environnement ainsi que la santé de nos citoyens, nous devons prendre des mesures audacieuses, au niveau global comme au niveau national, afin de diminuer les émissions de gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone (CO2) du secteur des transports », a d’emblée expliqué Raj Dayal pour justifier le lancement de la campagne écoconduite qui est une conduite sûre, économique et responsable vis-à-vis de l’environnement.
Le ministre était entouré de son Senior Chief Executive, Grish Gunesh, du Commanding Officer de la Special Mobile Force, Khemraj Servansing, et d’autres officiers de son ministère.
Le secteur du transport routier compte pour 25 % du total des émissions de CO2 à Maurice, et se retrouve deuxième après le secteur industriel, indique Raj Dayal. Maurice comptait une flotte de 465 052 véhicules en décembre 2014, contre 244 018 véhicules en décembre 2000. « Le nombre de véhicules émettant de la fumée noire augmente sur nos routes », s’est alarmé le ministre. Il a ajouté que la Police de l’Environnement a émis 564 avertissements en 2014 et 911 autres de janvier à septembre cette année.
Raj Dayal rappelle que ces émissions de fumées noires impactent sur notre environnement et sur notre santé. « D’abord, elles contribuent au réchauffement global et aggravent par conséquent le changement climatique. Ensuite, la pollution des routes congestionnées incommode les gens, surtout les enfants et les vieux et affecte la santé humaine. Et enfin, l’Organisation mondiale de la santé a classé les émissions des moteurs à diesel comme étant cancérigènes ».
Le ministre ajoute que pour réduire les émissions de CO2 des véhicules, tout en économisant le carburant, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement a adopté le projet Global Fuel Economy Initiative (GFEI). C’est un partenariat de six organisations — IEA, ITF, UNEP, ICCT, UCDavis et FIA Foundation — qui a pour objectif d’éduquer les conducteurs, non seulement pour économiser du carburant dans le but de leur faire faire des économies d’argent mais également de faire face à un enjeu humanitaire de taille : le réchauffement climatique. Cela en réduisant d’ici 2050 les émissions des CO2 des véhicules par 50 %. « L’un des moyens pour atteindre cet objectif du GFEI est l’écoconduite ».
Raj Dayal ajoute que l’écoconduite offre plusieurs avantages : économie de carburant, donc réduction des émissions de CO2 ; réduction du coût de l’entretien, des réparations et des pièces de rechange ; une meilleure sécurité routière ; et moins de pollution sonore et atmosphérique. « L’écoconduite peut réduire de 15 % la consommation des carburants ».
« Au fil des années, la technologie et la performance des véhicules se sont grandement améliorées, alors que la plupart de conducteurs n’y ont pas adapté leur conduite. L’écoconduite est un style de conduite qui sied aux moteurs modernes et fait bon usage des nouvelles technologies. C’est une façon simple de réduire la consommation de carburant du secteur des transports routiers tout en préservant l’environnement », a-t-il conclu.
Le ministère de l’Environnement se propose d’animer des ateliers d’écoconduite à travers l’île ainsi que des campagnes radiotélévisées.