La participante ghanéenne au Women’s Forum, Patience Damptey, affirme que la recherche est importante pour prévoir des situations à court, moyen et long termes liées au changement climatique, mais que cela nécessite des ressources financières importantes. « Or, les demandes des pays en voie de développement auprès des pays développés demeurent vaines », a-t-elle souligné lors d’une rencontre avec Le Mauricien, au Sugar Beach hier.
La coordinatrice en chef de la Convention internationale des Nations unies pour le changement climatique pour le groupe des négociateurs africains, Patience Damptey, est intervenue hier aux côtés de ses consoeurs Snowy Khoza, CEO de BigenAfrica, et Patricia Perkins, professeure à la faculté des études environnementales de l’Université de York, sur le thème Achieving resilient water supply and sanitation in an era of climate change. Les intervenantes devaient parler de l’impact du changement climatique et des mouvements de populations pour l’accès à l’eau potable et un système sanitaire adéquat.
Les pays développés, nous déclare Patience Damptey, se doivent de réduire leurs émissions de gaz carbonique dans l’atmosphère. D’un autre côté, le défi pour les pays en voie de développement demeure l’adaptation aux effets du changement climatique. « The impact are with us now and we have to adapt to be able to develop anything we want to », soutient-elle. Précipitations, inondations et sécheresses exacerbées, qui n’arrivent plus selon les saisons connues, sont certains des facteurs environnementaux qui doivent désormais être considérés en prélude au développement.
« Aujourd’hui, lorsque nous planifions le développement sur le continent africain, nous sommes obligés de prendre ces facteurs en considération. Il faut savoir quels sont les endroits touchés par tel ou tel problème. Nous sommes appelés à faire un rapport régulier tous les quatre ans sur la situation. Cependant, déterminer ces facteurs peut durer souvent jusqu’à six ans parce que nous faisons face à des problèmes en termes de ressources », déclare Patience Damptey. « S’il y a une montée des eaux de mer, nous perdrons des terres, mais dans certains cas, l’eau saline peut pénétrer les terres cultivables et affecter la culture. La solution serait alors de changer de produits sous culture ou de changer d’endroit pour les cultiver », ajoute-t-elle.
Procède-t-on par trial and error dans ce cas ? C’est un peu ça, soutient Patience Damptey, d’où l’importance de la recherche pour pouvoir planifier sur 20, 30, voire 50 ou 60 ans. Cette recherche est toutefois onéreuse. « Certains pays peuvent le faire, mais ils sont très peu nombreux ». En tant que négociatrice, Patience Damptey fait des requêtes auprès des pays développés pour accéder à des fonds. « Malheureusement, ces ressources n’arrivent pas alors que selon la convention, developed countries should assist the developing countries ».
À une question de savoir si elle représente aussi Maurice, en tant que négociatrice du UNCCC, Patience Damptey indique que, bien qu’elle fasse partie de l’Afrique, « Maurice est représentée sur une instance spécialisée qui s’occupe des problèmes communs aux petits États insulaires ».