Avec l’installation du nouveau gouvernement, des changements sont attendus à la tête de différentes institutions publiques et parapubliques, dont à l’aéroport, où les employés espèrent un assainissement. C’est ainsi que la tête des hautes pointures à l’aéroport, tant à Airports of Mauritius qu’à la Mauritius Duty Free Paradise Shop, est réclamée par les employés, frustrés, et lassés de la situation malsaine qui a perduré ces dernières années, et également des magouilles mises au grand jour avec l’affaire Soornack. A ce stade toutefois, ni le Chief Executive d’AML, Serge Petit, ni celui de la MDFPS, Simo Carveri n’ont soumis leur démission. S’ils ont laissé entendre qu’ils ne démissionneraient qu’à la nomination d’un autre chairman à leur poste, Serge Petit se rend comme à l’accoutumée au bureau, alors que Simo Carveric est, lui, en déplacement à l’étranger depuis le samedi 13.
En dépit des informations qui ont circulé à cet effet, le lendemain des résultats des élections générales, Serge Petit officie toujours en tant que Chief Executive d’Airports of Mauritius. Il s’est retiré, jusqu’ici, uniquement en tant que chairman du comité Land Transport relatif au métro-léger. Cependant, il est toujours en poste à Plaisance. “He is misleading everybody, le temps pour lui de clean up all his mess”, indiquent nos sources. Réclamant son départ, les employés d’AML font ressortir que “tous les scandales à AML portent sa signature”. Dans le même élan, la tête d’une haute fonctionnaire au Prime minister’s Office (PMO), associée aux affaires d’AML, est aussi réclamée. On apprend que depuis une semaine, à Plaisance, des boîtes remplies de documents sont en train d’être acheminées vers une destination inconnue. Un signe que des documents compromettants vont disparaître, commentent les employés d’AML qui affirment que Serge Petit aurait laissé entendre qu’il soumettrait sa démission lorsqu’un nouveau chairman sera nommé.
Toutefois, depuis l’annonce des résultats, une consultante du VIP Lounge, très proche de Navin Ramgoolam aurait, elle, fait ses valises. La semaine dernière, elle a rendu la Audi Blanche que la compagnie avait mise à sa disposition alors que son poste ne nécessite pas de voiture de fonction. Les employés espèrent que d’autres rats qui ont bénéficié des largesses du régime Ramgoolam quitteront aussi le navire.
Profitant de ces changements à venir au niveau de l’aéroport, les employés d’AML soulèvent des interrogations sur les espaces commerciaux loués par la Mauritius Duty Free Paradise Shop. Espaces dont la gestion revient à AML, loués à la MDFPS, mais qui, depuis la venue du CEO de la MDFPS, sont loués par la MDFPS à d’autres commerçants.
Dans la même lignée, les employés des boutiques hors taxes, frustrés que les négociations pour une augmentation salariale de 40% soit toujours au point mort, Simo Carvéric campant sur les 8-11 % proposés par la firme Alentaris, réclament également la démission de leur CEO. Il aurait toutefois, lui aussi, laissé entendre qu’il ne partirait qu’à la fin de son contrat. Or, disent les employés, ce Suisse, qui a été recruté chez Dufree, la compagnie mère qui fourni les produits à la MDFPS, a été nommé par l’ancien régime. “Il doit partir pour que les choses changent à la MDFPS”, disent les employés qui réclament, dans le même élan, la démission du Human Ressources Manager, Viren Coomaren, qui s’est affiché comme un proche de Navin Ramgoolam. Si certains laissent entendre qu’il aurait aussi des relations étroites avec une Finance Manager, qui est, elle, proche du MSM, les employés de la MDFPS estiment que l’heure est venue pour Viren Coomaren, qui a privilégié plusieurs de ses proches pour le dernier exercice de promotion, de soumettre sa démission. D’autres têtes, dont celle de l’Operation Manager, devraient aussi tomber, pensent les employés de la MDFPS, qui réclament, par ailleurs, un audit de l’entreprise.