À compter du 11 mars 2016, l’accord signé entre l’aéroport de Changi (Singapour) et Air Mauritius en octobre dernier portera ses premiers fruits. Dans un premier temps, l’on pourra compter trois vols directs par semaine entre Singapour et Maurice, avec des connexions vers d’autres pays de l’Asie. Lors d’un séminaire sur ce nouveau couloir aérien hier à l’hôtel Le Sirius, le président du Conseil d’administration d’Air Mauritius, Arjoon Suddhoo, devait faire valoir qu’au-delà de lier Maurice à Singapour, le couloir aérien sera le « véhicule de liaison entre l’Afrique, le Moyen Orient et l’Asie ». La liaison, dit-il, viendra « plus que doubler le nombre de destinations que nous avons sur l’Afrique ».
Selon le président du Conseil d’administration de MK, la nouveauté dans cet accord est celle-ci : « Changi vendra la destination Maurice et par-delà de cela, les destinations Réunion, Madagascar etc. En retour, nous vendrons la destination Singapour et d’autres marchés asiatiques. »
Le nouveau couloir aérien, dit Arjoon Suddhoo, n’est pas qu’un projet de MK mais un projet national. « Air Mauritius desservira la route mais nous aurons besoin de la collaboration et de la passion de tous ». Si dans ses discours, ajoute-t-il, le premier ministre, sir Anerood Jugnauth, parle de connectivité à travers Internet, à travers la mer, « nous parlons de connectivité à travers l’accès aérien ».
Pour sa part, Georges Chung, Senior Adviser au bureau du Premier ministre, et qui a joué un rôle clé dans l’accord entre les deux parties, affirme que « ce projet apporte de vastes opportunités pour le commerce. Quelque 200 destinations en dehors de Singapour sont concernées et 25 du côté africain. Ce sont des milliers de nouveaux produits dont vous pourrez tirer profit ». Il devait comparer cet accord à « un bon vin. Plus il vieillit, le mieux ce sera ». Il devait souligner « la force que cela représente de pouvoir vendre l’Afrique à l’autre partie du monde. Vous pouvez vendre les safaris, l’histoire de l’Afrique… En gros, c’est une plateforme pour faire du business et faire du profit ».
Raja Buton, Officer in Charge à Air Mauritius, devait pour sa part partager quelques chiffres concernant la compagnie d’aviation nationale. Celle-ci a transporté l’an dernier 1,95 million de passagers et assure plus de 10 000 vols par an. Le chiffre d’affaires était de 463 millions d’euros pour la période financière se terminant au 31 mars 2015.
À partir du 11 mars, l’A330-200 assurera chaque semaine trois vols Maurice-Singapour-Kuala Lumpur et vice-versa. Un quatrième vol est envisagé. Air Mauritius a discuté avec des potentiels partenaires dont Tigerair, Scoot, SilkAir, Singapore Airlines et Jetstar. En somme, la collaboration avec Changi Airport apportera une connexion dans les deux sens avec dix pays et 18 destinations en cinq heures de voyage  la Chine, Hong Kong, l’Australie, l’Indonésie, la Malaisie, la Corée du Sud, les Philippines, le Cambodge, le Vietnam et la Thaïlande.
Il y aura aussi des connexions à sens unique avec une escale d’un jour à Singapour. Parmi, Melbourne, Brisbane, Tokyo et la Malaisie. Deux autres points en Afrique seront desservis en mai 2016, soit Dar-es-Salaam et Maputo.
En gros, Air Mauritius veut promouvoir trois segments : 1) Singapour-Maurice/Maurice-Singapour ; 2) Maurice vers l’Asie via Singapour et l’Asie vers Maurice via Singapour et 3) Singapour vers l’Afrique via Maurice et l’Afrique vers Singapour via Maurice.
Pour rappel, l’aéroport de Changi, « le plus récompensé à travers le monde en termes d’awards », a accueilli en 2014, 54 millions de passagers, soit dix fois sa population. Plus de 300 destinations à travers le monde sont desservies à travers cet aéroport. Une des raisons pour lesquelles les passagers font escale à Singapour est aussi sa proximité avec d’autres destinations dont la Malaisie.