Une charge provisoire de rébellion a été logée contre Didier Nombreuse. Ce jeune homme de Terre-Rouge avait accusé d’agression le chef du National Security Service, le Deputy Commissioner of Police Dev Jokhoo. Il a dû payer une caution de Rs 3 000 pour obtenir la liberté conditionnelle. Par ailleurs, selon les dernières indications recueillies par Le Mauricien, la CID de Terre-Rouge a procédé durant la matinée à l’arrestation de quatre autres personnes dans le cadre de cette affaire. D’autres manifestants pourraient être interpellés dans les jours à venir.
La Criminal Investigation Division (CID) de Terre-Rouge a arrêté mercredi Didier Nombreuse (23 ans) après la déclaration du Deputy Commissioner of Police (DCP) Dev Jokhoo. Le chef du National Security Service (NSS) – anciennement National Intelligence Unit (NIU) – accuse cet employé d’hôtel de révolte contre la force policière.
Didier Nombreuse a passé la nuit du 3 janvier au poste de police de Terre-Rouge. Une charge provisoire de rébellion sous le Code criminel a été logée le lendemain matin contre lui devant la cour de district de Pamplemousses. Représenté par Me Bernard Marie, le jeune homme a dû fournir une caution de Rs 3 000 afin de recouvrer la liberté conditionnelle.
Tout a commencé le vendredi 30 décembre en début de soirée à Terre-Rouge. Didier Nombreuse allègue avoir été victime d’agression par le chef des services de renseignements. Selon le jeune homme, le DCP Jokhoo, au volant de sa berline, lui aurait fait une queue de poisson dans un virage alors qu’il était à moto.
L’habitant de Terre-Rouge soutient qu’il aurait pu faire une sortie de route et se blesser. Didier Nombreuse n’aurait pas manqué de le faire remarquer au haut gradé de la police qu’il avait entre-temps rattrapé.
D’après la version de Didier Nombreuse, le DCP Jokhoo l’aurait quelque peu averti qu’il était un haut gradé des forces de l’ordre. Il serait sorti furieux de sa voiture pour l’agresser avec sa matraque. La victime présumée se serait alors enfuie vers l’hôpital SSRN pour des soins, bien que certains limiers lui auraient ordonné d’entrer dans une fourgonnette.
La version du DCP Jokhoo est tout autre. Il soutient que le jeune homme l’a injurié et a donné des coups de casque sur sa voiture. Ce geste aurait effrayé l’épouse et les enfants du DCP, qui étaient dans le véhicule au moment de l’incident. Pour sa défense, le chef des services de renseignements nie avoir utilisé un tonfa pour agresser le jeune homme, précisant qu’il n’utilise plus cette arme depuis des années.
Cet incident a suscité le mécontentement à Terre-Rouge où des habitants de la localité s’étaient regroupés en signe de protestation contre la police. Des unités de soutien ont dû être dépêchées pour assurer la sécurité « on the locus ». La seule information qui a transpiré des Casernes centrales sur cette affaire est que l’enquête se poursuit.
L’article 144 du Code criminel définit la rébellion comme « toute attaque, toute résistance avec violence et voies de fait envers les officiers ministériels, les gardes champêtres et forestiers, la force publique, les inspecteurs et gardes des canaux et de guildives, les préposés à la perception des taxes, et de contributions, leurs porteurs de contraintes, les séquestrés, les officiers ou agents de la police administrative ou judiciaire, agissant pour l’exécution des lois, des ordres, ou ordonnances de l’autorité publique, des mandats de justice ou jugements, est qualifiée selon les circonstances, de crime ou délit de rébellion. »
Pour ce délit, l’article 153 du Code criminel prévoit l’emprisonnement et / ou une amende ne dépassant pas Rs 100 000.