L’enquête sur le meurtre de Jeetendra Moneea, âgé de 40 ans, père de trois enfants, retrouvé dimanche après-midi avec une balle dans le dos tout près d’un marécage dans le Chassé Carsenac, Poste-de-Flacq, a vu une première inculpation provisoire. Le gardien de chassé Atmanand Deenoo, qui avait donné l’alerte sur les coups de feu dans le chassé, a été placé en détention policière à la fin de la première partie de son interrogatoire, hier. Il devait comparaître devant le tribunal de Flacq à la mi-journée pour son inculpation provisoire dans cette enquête, qui a bénéficié de la collaboration des limiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT) jusqu’à hier soir.
Atmanand Deenoo, qui a retenu les services de Me Siv Pottaya, rejette catégoriquement les allégations des enquêteurs selon lesquelles il serait l’auteur du coup de feu fatal pour la victime Jeetendra Moneea. Lors de son interrogatoire, qui a duré environ trois heures, hier, le suspect a fourni des explications sur les circonstances dans lesquelles il avait appelé au téléphone son patron, Philippe Rivalland, dimanche en fin de journée.
Le suspect souligne qu’il se trouvait à 100 mètres de la case qu’il occupe sur le chassé ou à 300 mètres des lieux où le cadavre de Jeetendra Moneea a été découvert. Il était alors environ 17 h 15. « Mo inn tende enn premie kou de bal dan chassé », déclare-t-il dans sa version des faits à la police.
La première réaction d’Atmanand Deenoo a été de composer le numéro de téléphone de son patron sur son cellulaire pour l’informer de la situation. « Patron inn dire mwa atann lamem pa bouze », ajoute-t-il. Mais à peine avait-il raccroché le téléphone qu’il devait entendre un second coup de feu. Quelques minutes plus tard, Philippe Rivalland, accompagné du Chief Watchman du Chassé, José Léveillé, devait rappliquer sur les lieux.
Après avoir pris connaissance de la direction d’où étaient venus les deux coups de feu, les trois devaient s’organiser pour une battue dans le chassé, chacun se dirigeant dans un quartier spécifique. La découverte du cadavre de Jeetendra Moneea allongé sur le dos avec à sa gauche une carcasse de cerf et un fusil à lunette et équipé de silencieux a été faite par José Léveillé. Des traces de sang ont été relevées sur l’herbe sur une distance de 25 mètres du cadavre.
Atmanand Deenoo conteste les allégations de la police à l’effet qu’il était armé d’un fusil et qu’il pourrait être l’auteur du meurtre. Il maintient que ce jour-là, il n’était armé que d’un sabre et ne pouvait être le meurtrier vu que la victime a succombé à une balle tirée dans le dos. Cette version des faits a été confirmée par Philippe Rivalland et José Léveillé dans leurs dépositions initiales Under Warning.
Entre-temps, dans la soirée d’hier, la police a effectué une perquisition au domicile d’Atmanand Deenoo et aucun objet suspect n’a été découvert. Les enquêteurs ont également procédé à la saisie de pas moins de sept armes à feu appartenant au responsable du chassé à des fins d’analyses balistiques.
Cette étape de l’enquête policière s’avère déterminante car d’abord, les conclusions devront confirmer si cerf avait été tué au préalable par l’arme à feu, portant le numéro de série AS 31142, retrouvée à côté de Jeetendra Moneea, présenté comme un présumé braconnier. Les premières informations sont que l’arme à feu récupérée sur les lieux du crime est de calibre. 22 et appartient à la victime. Le cervidé aurait été abattu par une balle de calibre 22, qui a transpercé son poumon. La victime, elle, a été atteinte par un fusil de calibre 12 avec des pellets dans son estomac. L’analyse par les experts en balistique de la police devra également établir quelle arme a été utilisée pour tirer littéralement à bout portant sur la victime. À ce stade, très peu d’indications ont transpiré au sujet de ce volet de l’enquête policière, qui se poursuit avec probablement une nouvelle séance d’interrogatoire du propriétaire du chassé.